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vendredi 29 juin 2018

Darkside : Le Journal d'Anya : Avancement (36)

Et donc... 

Le redémarrage ne s'est pas fait sur les chapeaux de roues, mais il s'est fait, et c'est le principal. 

Une deux-chevaux aurait été plus appropriée, mais on fait avec ce qu'on trouve...


Je n'ai progressé que de 1.500 mots depuis ma reprise (il y a deux semaines), mais ça ne m'inquiète pas trop : d'autres facteurs de perturbation sont intervenus, et l'important reste que j'ai pu avancer un peu chaque jour. 

Je profite de l'échéance du premier semestre qui approche pour faire un petit bilan intermédiaire de mon projet WriYe* :

Premier trimestre - cliquez pour agrandir.

Les paliers du graphique montre bien les interruptions de rythme : maladie, vacances... J'ai compensé mon retard mi-février, mais je l'ai reperdu avec les congés qui ont suivi. Néanmoins, je ne suis pas mécontente du résultat : 190 mots par jour de moyenne sur les 209 calculés par l'outil**, ça va. Surtout que je me suis bien rattrapée sur le deuxième trimestre : 

Second trimestre - cliquez pour agrandir

Moyenne quotidienne de plus de 300 mots, presque 9.000 mots de plus que le score trimestriel prévu, même en sachant que ces résultats sont dopés aux articles de blog-comptes-rendus des Imaginales, ça fait quand même plaisir à voir !

J'espère que j'arriverai à tenir mes objectifs du prochain trimestre (les vacances d'été risquent de faire baisser la moyenne, mais je la doperai peut-être avec mes CR de la Gamescom, donc... 😶).



* : sur le modèle "WriMo" = mois de l'écriture ; là, donc, c'est sur l'année.

** : parce que, histoire de faire des comptes ronds, mon but n'est pas formulé comme "200 mots par jour"***, mais "75.000 mots par an", ce qui fait 18.750 par trimestre, soit un peu plus de 200 mots par jour (en l'occurrence : 209 pour le premier trimestre, mais 207 pour le second).

*** : je sais que j'ai dit, en plus, "par jour travaillé", ce qui reviendrait pour moi à 800 mots par semaine, mais ça me laisse de la marge en cas de problème, ce qui n'est pas mauvais pour le moral 😇

lundi 18 juin 2018

Tag! You're it!

En bon français : "c'est toi le chat !", ce qui n'a rien à voir 😸

Tout ça pour dire que j'ai rajouté un tag "conférence" qui regroupe toutes les... conférences, tables rondes et autres rencontres dont j'ai fait ici des compte-rendus. Ca les rendra plus facile à retrouver. 

A part ça, j'ai enfin fini toutes les retranscriptions de ces dernières semaines*, donc je vais dès demain me remettre au Journal d'Anya. Je me suis aussi déjà inscrite pour le prochain Camp NaNo (en juillet), avec un objectif de 10.000 mots, soit un peu plus que mes 200 mots quotidiens.

A ce propos, la "pause" qui s'est imposée sur le JdA pendant que je m'occupais de mes CR m'a fait réaliser quelque chose : c'est bien joli d'écrire 200 mots par jour travaillé, mais une des raisons de l'efficacité de cette méthode, c'est sa régularité sur le projet. Autrement dit, même si j'écrivais sept jours sur sept, si je consacrais, mettons, les quatre premiers au JdA et les trois autres aux Trois Bâtards, je perdrais une partie de mon "élan créatif", à changer de projet deux fois par semaine... 😒

Après, c'est pas non plus dramatique, hein. Surtout avec une rotation aussi courte. Là, ça va juste être un peu plus difficile, vu que ça fait trois semaines que je n'ai pas ouvert mon fichier... 😁

Bref, je vous en redonne des nouvelles d'ici la semaine prochaine 😁




* : bien que j'en aie des vieilles qui traînent et auxquelles il faudrait que je m'attaque 😳

vendredi 15 juin 2018

Rencontre avec A. Marot et C. Van Wilder

Au début du mois, Cocyclics a organisé une rencontre avec deux autrices : Agnès Marot (IRL, De l'autre côté du mur, ...) et Cindy Van Wilder (Les Outrepasseurs, ...). Vu que celles-ci sont aussi des Grenouilles, ce n'était pas ma première occasion de les rencontrer. Néanmoins, cette fois, elles étaient là pour nous faire partager leur expérience professionnelle...

Vous connaissez la routine, blabla, avertissements de rigueur : je retranscris ici les notes que j'ai prises pendant la conf ; il est donc tout à fait possible que j'aie fait des contresens et tout à fait certain qu'il manquera des bouts 😁 (sans parler du côté décousu et de ma difficulté à me relire 😳). Les éventuels commentaires entre [ ] sont de moi, et les passages entre guillemets sont censés être des citations.

Pour rappel : 
  • AM est publiée chez Gulf Stream, Scrinéo, Nathan, Armada et le Chat Noir*. Elle est également directrice de collection Young Adult chez Scrinéo. Elle écrit pour le public YA et les enfants.
  • CVW est publiée chez Gulf Stream, Scrinéo et Rageot*, et écrit également en YA et enfants, mais a aussi publié (sur Wattpad et en papier) une novella pour adultes.
Actuellement, elles travaillent sur un projet à quatre mains, qui sera publié chez Nathan. Toutes les deux écrivent principalement de la SFFF, mais pas exclusivement.

AM a travaillé pour Fyctia (un genre de "Wattpad de la romance", qui fait régulièrement des concours et publie les gagnants), comme correctrice de forme (quelqu'un d'autre se chargeait du fond). C'était un gros travail éditorial, car les textes sont du pur premier jet**. La qualité n'est donc pas terrible, mais pour les gens qui y postent et ne connaissent pas de communauté comme Cocy, c'est très motivant.
Chez Scrinéo, en revanche, elle travaille à la fois le fond et la forme des textes qu'elle étudie.

Toutes les deux sont plutôt jardinières, mais CVW aime se faire un canevas... qu'elle ne suivra pas forcément 😁 Elle aime néanmoins avoir une idée précise de la fin.

AM écrit toujours à la première personne et au présent, mais CVW varie plus.

Elles ont évoqué le problème des pitchs qui peuvent être trop "cliché" alors que l'originalité du texte est ailleurs.

Dans leur roman commun, elles ont chacune un personnage de point de vue, afin qu'on sente bien la différence de ton entre les deux personnages. Pour bâtir l'histoire, elles y sont allées "en free style", faisant rebondir leurs idées l'une sur l'autre, et chacune cherchant à "compliquer les choses au maximum pour l'autre personnage et son autrice" 😈 
Elles se relisaient l'une l'autre au fur et à mesure, en se corrigeant/bêta-lisant en allant, afin d'avancer avec un minimum d'incohérences. 

Leurs chapitres font entre quatre et six pages Word, avec toujours une "action forte" par chapitre (même si celle-ci n'est pas forcément une action tout court).

AM commence toujours par créer les personnages, et tout repose dessus.

CVW est globalement représentée par un agent, R [qui nous avait parlé de son métier il y a deux ans]. AM n'en a pas : en tant qu'éditrice de métier, elle aime bien tout contrôler et avoir un contact direct avec son éditeur. R se charge cependant de leur projet commun, et AM apprécie car ça la décharge de plein de contraintes et leur a permis des négociations avantageuses (bien que longues).

CVW est sinon traductrice (d'ouvrages techniques), comme boulot alimentaire.
Elle a plusieurs projets en parallèle dans sa tête mais ne bosse généralement que sur un seul à la fois ; pas dans le cas du récit à quatre mains, par contre, parce que le rythme d'écriture, avec les allez-retours du texte entre elle et AM, laisse beaucoup de "blanc". 

AM, elle, reste sur un seul projet à la fois et se dit incapable d'avoir une nouvelle idée tant que la précédente n'a pas été menée à son terme.

Pour ce qui est de la présence des auteurs sur les réseaux sociaux : AM pense que ce n'est pas nécessaire, et qu'il ne faut le faire que si on en a envie. Ca peut remonter le moral (même quand on a écrit plusieurs romans, on peut quand même se dire qu'on est nul). Par contre, ça ne booste pas forcément les ventes : Patrick McSpare vend trois fois plus de bouquins qu'AM, mais il n'avait pas beaucoup de monde en dédicace.
CVW : On met beaucoup de pression sur les auteurs pour qu'ils soient présents sur les réseaux sociaux, mais si on se force, ça se voit. De plus, les auteurs ne sont pas briefés sur le sujet, et ça peut causer des catastrophes si quelqu'un dit une connerie. 

AM : Si l'éditeur n'a pas de distributeur/diffuseur [ce qui est le cas des petites maisons d'édition], il faut faire des salons pour vendre. Un problème est que ce n'est pas forcément rentable pour l'auteur, parce que les MdE en question n'ont pas souvent les moyens de le défrayer. Par contre, quand la MdE est assez grosse pour défrayer et avoir un d/d, ça booste quand même les ventes, car ça offre de la visibilité, et beaucoup de bloggers sont souvent présents sur les salons.

CVW : C'est un rapport personnel avec les lecteurs : "quand quelqu'un vient vous voir pour te poser des questions, avec des étoiles dans les yeux, ça donne une force incroyable". Avec le livre serré fort contre eux, qui vous disent à quel point ça les a touchés...
Elle parle aussi du mouvement #payetonauteur et du fait que tous les salons ne se valent pas. 

AM : On ne peut pas taper sur un méchant : tout le système est compliqué, et il faut changer ce système. Pour le Salon du Livre, il fallait faire quelque chose. Mais ce n'est pas forcément adapté à d'autres salons, mieux vaut un dialogue privé.

AM et CVW se sont rencontrées sur Cocyclics (CVW en est d'ailleurs une fondatrice), et sans Cocy, elles n'auraient jamais fait carrière en tant qu'écrivaines. Le fait d'avoir été Permanentes*** et Modératrices leur a appris la diplomatie.

CVW : Cocyclics est la preuve que l'écrivain n'est pas un être solitaire. Etre entouré de personnes qui partagent la même passion que soi, c'est une force.

Leurs conseils aux auteurs : 

CVW : "Lire, lire, lire, et surtout, lire de tout". Il faut aussi sortir un peu de sa zone de confort, s'intéresser un peu à des choses qui ne nous intéressent pas. S'entourer, et être bien entouré.

AM : Quand on est sur le point de recevoir son premier "oui" : se renseigner un maximum sur la maison d'édition, demander aux auteurs de cette MdE ce qu'ils en pensent. Penser à soi comme à un professionnel, au moment de signer le contrat [au sens "vous avez autant le droit à la revendication que la personne en face de vous, un contrat est un échange"]. Essayer de ne pas signer pour plus de dix ans. L'éditeur n'est pas un dieu, on est tous les deux des partenaires.

CVW : Le livre est un objet commercial, donc s'il y a un seul point sur lequel négocier, c'est le pourcentage de droits d'auteur, le pourcentage sur les ventes numériques [elles coûtent moins à l'éditeur, donc elle doivent rapporter plus à l'auteur] et la clause de préférence [présenter son prochain livre à cette MdE en priorité et attendre son refus pour le proposer ailleurs], qu'il faut faire supprimer, car elle ne sert à rien [notamment parce qu'il est stupide de présenter un livre de SF à une MdE qui ne fait que de la Fantasy, par exemple]. Au besoin, on peut prétendre qu'on est en pourparler avec d'autres éditeurs, si ça peut faire avancer les choses... 😈

AM : On touche les droits de vente un an après la parution. Il faut aussi faire attention à la provision sur retour, qui correspond aux retours des librairies [des invendus, plus ou moins], et qui peut retenir de 20 à 30% sur les droits de l'année d'après.

CVW : Si la MdE vous paie un à-valoir [en gros, une avance sur les ventes], il faut éviter qu'il soit versé en plus de deux fois.

AM : Eviter aussi l'à-valoir à date de publication [je crois que ça se fait plutôt à la signature du contrat].
Si un éditeur vient vers vous pour une commande, ne PAS commencer à écrire avant d'avoir signé un contrat. Surtout si on fait confiance à cet éditeur 😈

En termes de "manuels d'écriture", AM conseille Ecriture de Stephen King, car il ne fait pas de plan, lui non plus [faudra que je le relise, tiens] et L'anatomie du scénario de Truby, même s'il est très directif [dogmatique et indigeste, àmha, j'ai eu beaucoup de mal à le finir], car il est bien sur le concept des personnages et de leurs failles.
CVW ajoute La dramaturgie de Lavandier à la liste, car il y a beaucoup d'exemples et il explique bien les ressorts dramatiques [je plussoie, il se lit bien].





* : si je n'en ai pas oublié.

** : traduire : pas relus du tout avant d'être postés sur le site 😱

*** : en gros : administratrices.

mercredi 13 juin 2018

Imaginales 2018 : Rencontres...


Et donc, en vrac, le reste de mes photos...


La Moselle, juste à côté du parc où ont lieu les Ima.


L'un des "Magic Mirrors", où se déroulent les conférences.


Comme tous les ans, la buvette vendait (ou "louait", puisqu'ils sont consignés) des verres réutilisables à l'effigie de l'affiche du salon. Cette année, ils ont ajouté des "dragons", comme seule monnaie acceptée, afin d'accélérer les transactions (un dragon = 1€, et ils rachètent ceux qui n'ont pas servi).
En revanche, les tarifs ont augmenté (sans doute pour éviter d'avoir des demi-dragons dans le menu), ce qui a dû aussi contribuer à diminuer la queue... 😈

Le verre et les dragons.


Cette année aussi, la fresque comportait un personnage grenouillesque (en bas à droite, au pied de la joueuse de flûte - un esprit japonais, je crois). Quand j'ai dit à l'un des dessinateurs "les Grenouilles sont partout", il m'a regardée bizarrement, je ne comprends pas pourquoi... 😆

La traditionnelle fresque de fin de festival...


Quelques statues de robots de Star Wars...








J'ai oublié de demander à la demoiselle ci-dessous quel était son costume, mais j'ai entendu parler d'un variation d'Alice au Pays des Merveilles. J'ai aussi vu passer un autre personnage qui me paraissait venir du même univers, mais je n'ai hélas pas pu le prendre en photo.

Un petit côté Nomorgames*, vous ne trouvez pas ?



Le Barbare de Naheulbeuk.


Le Héron d'Argent était toujours là avec sa mascotte... qui n'a pas arrêté de siffler les gens (dans le genre "j'ai vu une jolie fille" 😅). A part ça, elle est toujours aussi mignonne 😍

Ce n'est qu'en recadrant l'image que j'ai vu que le perso derrière portait des New Rocks du même genre que les miennes 😆


Cette année, je me suis inscrite pour déjeuner avec deux des autrices présentes : Charlotte Bousquet et Robin Hobb.

Pour le premier, je n'ai pas pensé à prendre des notes. C'était très sympa et on a parlé de jeu de rôles autant (voire plus) que d'écriture. Petit bémol : le repas a commencé avec une demi-heure de retard, les participants n'en ont pas tous été informés, et du coup, j'ai raté la conférence de 14h sur les "trucs et astuces d'écrivain" 😒
Je crois me rappeler que Charlotte a dit être plutôt "jardinière", et que le JdR pouvait être une bonne source d'inspiration (ça a été le cas pour elle), à condition "qu'on n'entende pas les dés rouler".

Charlotte Bousquet


Pour le second, le cadre (comme le repas) était plus raffiné, même si la personne qui nous a servis n'était pas très aimable 😒 (contrairement à la crêperie de la veille, donc, où tout le monde a été très sympa).
Comme tous les participants comprenait l'anglais, les conversations avec Robin ont été très fluides et on n'a pas "perdu de temps" avec des traductions - ce qui a permis à Sylvie Miller d'intervenir en tant qu'autrice, et pas juste traductrice 😉
J'ai pu prendre quelques notes, cette fois : 
Comme Gabriel Katz, Robin conçoit ses histoires "en arrêtes de poisson", et elle a tendance à se laisser guider par ses personnages, bien qu'ils boudent parfois et refusent de faire ce qu'elle avait prévu pour eux.
Elle nous a aussi donné ce conseil : "si vous avez une histoire, écrivez-la maintenant ; si vous attendez, vous serez une personne différente, donc ce sera une histoire différente".

Sylvie Miller et Robin Hobb.


Et pour terminer, quelques images d'auteurs croisés au festival :


Elizabeth Vonarburg


John "POC" Lang


Christopher Priest


Frank Dive** et Nathalie Dau



Aurélie Wellenstein**



Nadia Coste**


Béryll Asterell** et Jean-Claude Dunyach**


Elodie Serrano**



Alex Evans**


Silène Edgar**


Le diorama d'Ayanar, de Stéphane Pavanelli**



Roxane Dambre**



Luce Basseterre**



Nathalie Bagadey** et Emilie Querbalec**




* : désolée, seules quelques Grenouilles comprendront 😈

** : Les Grenouilles sont partout !

lundi 11 juin 2018

Imaginales 2018 : Encore des vampires ? ...

Encore des vampires ? Oui ! 

Ca mord, mais ça ne lasse pas !



Dernière conférence des Ima', pour moi. Je m'inquiétais un peu des redites, mais comme il y avait Jeanne-A Debats 😍 Au final, un bon moment de passé !

Sinon, vous connaissez la routine, blabla, avertissements de rigueur : je retranscris ici les notes que j'ai prises pendant la conf ; il est donc tout à fait possible que j'aie fait des contresens et tout à fait certain qu'il manquera des bouts 😁 (sans parler du côté décousu et de ma difficulté à me relire 😳). Les éventuels commentaires entre [ ] sont de moi, et les passages entre guillemets sont censés être des citations.

Intervenants : Jeanne-A Debats, Jean Marigny (auteur de thèses sur les vampires) et Barbara Sadoul (anthologiste sur le sujet, entre autres).
Modératrice : Solène Dubois.

De gauche à droite : JAD, JM, SD, BS.


JAD : Navarre travaille pour le Vatican mais ce n'est pas si original, il y a eu une histoire du même genre en manga. Navarre est moins monstrueux que l'Eglise, c'est normal qu'un monstre travaille pour un autre monstre. En-dehors de ça, il n'est pas immunisé aux objets sacrés, même non-chrétiens.

JM : JAD l'a supplié [ce sont ses mots à elle] de rédiger la postface de Métaphysique du vampire [pas dans mon édition, malheureusement 😞]. Ca fait plus de vingt ans qu'il s'intéresse aux vampires. C'est son directeur de thèse qui l'a dirigé vers ce sujet, et depuis, il est devenu fan.

BS : Pour elle, c'est une prédestination [c'est la fille de Jacques] qui l'a conduite vers les vampires, son père avait une super bibliothèque de SFFF. Le père de Vampirella était un ami de la famille, et elle a continué sur ce thème pour ses études. 

JAD : Le vampire est fabuleux parce qu'il traverse les époques ; il peut donc traverser les genres, et avec lui, elle a touché à tous les genres ou presque (Western, Hard SF, Steampunk...). Elle a "terminé" sur le thème avec la bit-lit et le point de vue d'Agnès sur Navarre (puisque le genre implique une narratrice).
Les gens n'aiment pas qu'on leur donne des leçons, et l'humour permet de prendre de la distance avec l'avis de l'auteur. 

JM : Il renchérit sur l'importance de la distance.
Comment peut-on passer autant de temps sur un sujet sans devenir fou ? Lui ne croit pas aux vampires, mais il y a d'autres créatures qu'il n'aime pas, comme les fantômes.

BS : Elle utilise aussi l'humour dans sa pièce de théâtre, ainsi que des références historiques, pour renouveler le genre.

Est-ce que le sang est essentiel au mythe ?

JM : A l'origine, oui, mais la littérature a vu naître des "vampires psychiques", qui se nourrissent d'énergie vitale (de façon plus abstraite), voire de talent ou d'intelligence. Et quelque part, ça fait plus peur que le sang. 

JAD : Un jeu cruel de Silverberg et Shambleau de Catherine Moore donnent deux exemples de vampires psychiques différents, qui se nourrissent de la souffrance des gens.

[On peut aussi citer la Cour Blanche des Dresden Files de Jim Butcher, dont les membres se nourrissent (selon leur lignée) de peur, de douleur ou de désir.]

BS : Les vampires psychiques sont les plus effrayants, et il existe irl des gens qui ont un peu ce comportement [comme les pervers narcissiques].

JM : On l'a proclamé expert en vampires, il a plus de deux mille livres de vampires chez lui, et il a fini par trouver ça répétitif. Néanmoins, il y a des perles, comme Laisse-moi entrer de Lindqvist.
Maintenant, il s'est tourné vers la place de l'enfant dans la littérature d'horreur, que ce soit comme victime ou comme monstre.

Question à JAD sur l'évolution de Navarre :

JAD : Navarre évolue, pas toujours dans le sens où il le voudrait. Surtout dans sa jeunesse de vampire, jusqu'à ce qu'il soit en paix avec lui-même. Sauf qu'il refuse complètement la mort, alors que c'est une forme d'évolution.

BS : Elle évoque ses nouvelles préférées de l'anthologie La solitude du vampire qu'elle a dirigée.

JAD : Elle a adoré Only lovers left alive [moi aussi 😉], on sent bien le passage du temps et le besoin des personnages d'être seuls... ou de ne pas l'être.

Question à BS : est-ce qu'elle lit de la bit-lit, où les vampires sont en sociétés organisées ?

BS : Elle s'intéresse plus aux auteurs qu'au genre.

Question à JM : il a dit que Twilight était un abâtardissement du genre. Est-ce qu'il a changé d'avis ?

JM : Autant Anne Rice a donné de l'humanité aux vampires, autant Twilight a trop démythifié le vampire, ses personnages ne sont plus des vampires. On a donc laissé la place aux zombies.
Les auteurs francophones ont cependant renouvelé le thème sans le trahir, contrairement à Twilight.

JAD : C'est pire qu'une trahison, c'est la destruction du mythe, lequel est un emblème de la transgression. Ca en fait un caniche à sa mémère.

JM : Les vampires d'Anne Rice sont humanisés, mais restent des meurtriers.

BS : Même par rapport à Buffy, où les vampires sont apprivoisables mais restent dangereux. Et Twilight véhicule des idées rétrogrades, surtout pour les femmes [ça, c'est clair...].

JAD : Le personnage d'Angel est pas mal, mais ça reste un bad boy que la fille doit sauver de lui-même (qu'il se prenne en main !). Navarre, lui, se démerde tout seul. Les filles doivent arrêter de materner leur mec.

"On ne naît pas vampire, on le devient", ce qui pose la question du mythe de l'immortalité.

BS : C'est ce qui l'a séduite en premier. Et dans beaucoup de romans, le vampire a un grand savoir, la jeunesse et la beauté.

JM : Pourquoi cette passion pour le vampire, à la fin du XXe siècle-début du XXIe ? Parce que Anne Rice en a fait un surhomme. Il s'intègre donc bien comme super-héros, il est celui qu'on rêve d'être. De plus, il reste seul, comme un perso romantique, les mortels ne peuvent pas s'attacher à lui.

JAD : Ce qui m'a séduite, c'est qu'il est libre, y compris de la mort (même si elle le menace tout de même). 

BS : Dans Un vampire ordinaire, de Suzie McKee Charnas, le vampire hiberne, oublie les mortels auxquels il s'est attaché et s'adapte à chaque nouvelle époque.

JAD : Navarre n'oublie rien.
"Je n'aime pas arrêter quand je n'ai plus rien à dire, je préfère m'arrêter avant". Là, elle repart sur du space-op, mais il y a des traces Navarresques quelque part... 

JM : Il évoque le Salon du Vampire de Lyon, qui devrait avoir lieu cette année (c'est tous les deux ans). On y trouve tous les genres vampiriques possibles.

vendredi 8 juin 2018

Imaginales 2018 : ... Vraisemblance historique

Fantasy épique... et vraisemblance historique



J'y suis allée un peu par hasard, notamment à cause de la présence de Jaworski (entre autres). Je n'ai pas regretté 😉

Sinon, vous connaissez la routine, blabla, avertissements de rigueur : je retranscris ici les notes que j'ai prises pendant la conf ; il est donc tout à fait possible que j'aie fait des contresens et tout à fait certain qu'il manquera des bouts 😁 (sans parler du côté décousu et de ma difficulté à me relire 😳). Les éventuels commentaires entre [ ] sont de moi, et les passages entre guillemets sont censés être des citations.

Intervenants : Fabien Cerutti (qui est professeur agrégé d'Histoire), Lionel Davoust, Estelle Faye et Jean-Philippe Jaworski (qui est professeur agrégé de Lettres Modernes).
Modérateur : Victor Battagion.

De gauche à droite : VB, FC, LD, EF, JPJ.

Pourquoi l'Histoire est-elle un terreau de Fantasy ?

EF : C'est un merveilleux terrain de jeu et une bonne excuse pour voyager, aller dans des musées, lire des livres de documentation. Ca lui a permis de découvrir des pans d'humanité dont elle ignorait l'existence.

LD : L'Histoire est fausse, c'est un récit, une construction, il y a des mythes qui se construisent dessus. La Fantasy est la fille du Conte et donc des Mythes. L'Histoire est donc un matériaux trop tentant pour ne pas jouer avec.

FC : C'est plus simple de mettre le lecteur dans l'ambiance grâce à l'Histoire. Ca donne de la familiarité et ça enrichit l'histoire. Dire "Venise" évoque plein de trucs ("même si certains [JPJ 😉] arrivent à faire aussi bien avec Ciudalia"). Il aime voir l'évolution des civilisations et en faire apparaître un schéma directeur.

JPJ : Son rapport à l'Histoire est à la fois sérieux et pas sérieux. Il cherche l'évasion pour lui et le lecteur, et l'Histoire est une rampe d'évasion, qui permet de voyager dans le temps comme on voyage dans l'espace.
Etudiant, il séchait les cours pour faire des fouilles dans un oppidum.

EF : Les livres sont la meilleure (et la seule) machine à voyager dans le temps. Ils font sentir les goûts et les odeurs, le poids d'une épée, la longueur d'un chemin...

LD : C'est encore mieux que la réalité virtuelle.

[Faut voir, mais un jeu comme Kingdom Come: Deliverance est pas mal dans le genre, et c'est même pas de la RV 😈]

LD : Cf Dumas "on peut violer l'Histoire si c'est pour lui faire de beaux enfants". Tout le monde peut s'approprier l'Histoire. Quand il écrit, c'est son inconscient qui s'exprime. L'Histoire est pleine de situations narratives improbables auxquelles on ne croirait pas irl. 

EF : J'aime quand un roman ouvre des horizons et montre des créatures fabuleuses, mais ces voyages sont plus forts quand il y a un vrai enjeu humain derrière. Elle aime l'histoire des gens qui n'étaient pas des rois ou des "fils de" et qui ont réussi à changer le monde (mais du coup, ils n'ont pas forcément eu de fin heureuse). L'Histoire nous montre l'importance des préjugés et des décisions humaines stupides, qui paraissent peu crédibles quand on les raconte [de ce côté, je trouve que la saga du Trône de Fer est particulièrement juste, avec bon nombre de persos qui prennent des décisions stupides, ce qui donne un côté très réaliste, à mon humble avis]. Elle aime quand un roman la sort de ses certitudes, et elle cherche à en faire autant vis à vis de ses lecteurs.

JPJ : Première étape : la découverte, pas forcément en rapport avec un projet défini. Deuxième étape : le désir de "jouer", de modéliser en jeu de rôles [il est l'auteur de Te Deum pour un massacre]. Il faut aussi choisir un angle pour l'écriture du roman (pour Gagner la Guerre, ce fut Le Prince de Machiavel). Par contre, en écrivant le roman, il y a eu des problèmes imprévus, comme les batailles navales ou le concours de peintres, d'où la Troisième étape : recherches complémentaires sur le sujet afin d'avoir un vernis historique, afin de faire écho chez le lecteur. 

FC : Il est fasciné par l'Histoire et le Moyen-Age depuis la cinquième et il puise dans ses cours universitaires avec bonheur. Il rejoint JPJ sur le vernis historique et les échos suscités. Et du coup, il se "sépare" de la vérité historique sur certains détails, parce que ça fera davantage écho avec le lecteur, et pour l'intérêt de l'histoire.

Pourquoi se rapproche-t-on toujours plus du Moyen-Age ?

LD : C'est l'héritage du Seigneur des Anneaux, qui a généré un esprit d'imitation, qui a conduit à la création du médiéval-fantastique et de Donjons & Dragons. Mais maintenant (depuis une bonne vingtaine d'années), on s'en affranchit, on s'est nourri des gens qui se sont nourris de Tolkien, comme le disait Brian Sanderson. 

JPJ : Tolkien a été influencé par le médiéviste William Morris, qui a aussi écrit de la fantasy médiévale. Par ailleurs, au XIXe siècle, la culture du Romantisme était une contre-culture, un peu comme le médiéval-fantastique en est une de nos jours. Et n'oublions pas non plus que Howard écrivait sur l'Antiquité.

EF : Elle a été aussi influencée par les auteurs de fantasy français, comme Colin, Calvo, Gaborit, qui ne se placent pas au Moyen-Age (plus à la Renaissance, voire XVIIe siècle et plus tard). Leur fantasy était différente, c'est ça qui lui a plu, et c'est pour ça que ses romans à elle ne sont pas médiévaux.

FC : Avec la Révolution Française, il y a eu un basculement des références, ce qui a donné une bonne image aux valeurs de l'ancienne classe dominantes [comme celles de la chevalerie]. Par ailleurs, le monde ancien est porteur de noirceur, de violence et ça fait écho à notre vie actuelle.

JPJ : Le Moyen-Age désinhibe le lecteur et l'auteur [ça m'étonne pas de sa part 😛]. La violence y est codifiée, souvent légitimée. On peut y mettre en scène des choses épouvantables sans scrupule [CQFD 😈]. Il y a aussi la confrontation entre le chevalier, qui a de l'honneur, et le mercenaire, qui est là parce que c'est son boulot (c'est un professionnel) et qui est payé pour. 

EF : La notion d'Elu et d'Héroïsme est liée aux sources de la fantasy. Mais il y a aussi les gens ordinaires (n'oublions pas que ce sont les Hobbits qui sauvent le monde, en définitive) et le fait que les ancêtres d'Aragorn n'étaient pas aussi nobles qu'ils l'auraient dû (cf la scène où il recrute l'armée des morts). 

LD : Il y a une confrontation de nos valeurs actuelles à celles de l'Histoire, ce qui entraîne un questionnement. Mais il ne faut pas oublier le côté défouloir du fantasmatique (c'est marrant de lire [ou d'écrire 😈] des massacres, mais on ne fera pas ça chez nous).

mercredi 6 juin 2018

Imaginales 2018 : Payer les auteurs...

Payer les auteurs invités : 

jusqu'où aller ensemble ?


J'ai un peu suivi (et totalement soutenu) la polémique du #paietonauteur suite au scandale du Salon du Livre de Paris. En revanche, si j'ai trouvé que cette conférence-ci était plutôt consensuelle, j'en ai lu des échos comme quoi les Imaginales étaient de vils exploiteurs... Ce n'est pas mon avis, mais j'ai pu rater un truc... On a aussi reproché à SW d'avoir monopolisé la parole. Ce n'est pas faux mais, personnellement, ce n'est pas un point de vue que j'entends souvent, et j'ai trouvé ça intéressant.

Sinon, vous connaissez la routine, blabla, avertissements de rigueur : je retranscris ici les notes que j'ai prises pendant la conf ; il est donc tout à fait possible que j'aie fait des contresens et tout à fait certain qu'il manquera des bouts 😁 (sans parler du côté décousu et de ma difficulté à me relire 😳). Les éventuels commentaires entre [ ] sont de moi, et les passages entre guillemets sont censés être des citations.

Intervenants : Samantha Bailly, Lionel Davoust, Sarah Doke (tous les trois très actifs en matière de défense des droits des auteurs*) et Stéphane Wieser (directeur des Affaires Culturelles d'Epinal).
Modératrice : Stéphanie Nicot.


De gauche à droite : SN, SB, SW, SD et LD.


SN : Il y a des projets de suppression des droits d'auteur* pour les directeurs de collections et anthologistes, alors que c'est un travail aussi.

SB : La Charte des Auteurs Jeunesse a été créée (en 1975), à une époque où les interventions scolaires étaient bénévoles. Ses premiers membres se faisaient insulter (même par d'autres auteurs) parce qu'eux réclamaient à être payés. 
Aujourd'hui [et heureusement !] c'est un fait établi, qu'ils doivent être payés pour ce genre de choses.

SN : Comme d'autres membres de sa génération, elle est tombée naturellement, par passion dans le milieu des auteurs SFFF ; et à cette époque, il y avait beaucoup de bénévolat. En conséquence, ils n'ont pas appris à se défendre et à réclamer des droits et des sous.

SD : Elle a rappelé tout le travail fait par Ayerdhal pour les droits des auteurs.

SN : Pour les Imaginales, il est toujours allé de soi que les auteurs seraient au moins indemnisés/ remboursés/ recevraient directement leurs billets de train...

SW : SB a raconté une anecdote où, en 75, des auteurs jeunesse ont avancé l'argent (transport, hôtels...) pour des interventions et au final, les organisateurs** leur on dit "finalement, on ne vous remboursera pas". Lui trouve ça révoltant et malhonnête [et à mon avis, il a fait l'unanimité !].
En 2014, il y a eu une rencontre au Centre National du Livre, au sujet du "il faut payer les auteurs". Tous les directeurs de festivals présents se sont pris un choc, payer les auteurs ne faisait pas partie des moeurs de l'époque. Ils ne se rendaient pas non plus compte de l'investissement que [les interventions] représentaient pour les auteurs.
Actuellement, la rémunération des auteurs représente 25% du budget des Imaginales. Ca n'a enthousiasmé personne, mais ils ont cherché une solution, parce qu'ils jugent que c'est important. Ils se sont basés sur les tarifs de la Charte, mais les leurs sont un peu inférieurs, pour que ce soit "plus gérable".
Ils ne voulaient pas non plus "abandonner" des auteurs ou en inviter moins que prévu. Il y a eu aussi la question "auteurs invités vs auteurs intervenants" : est-ce que tous les auteurs invités doivent intervenir ? [Si j'ai bien compris, c'est le cas, au moins maintenant, parce que ça simplifie les choses]. Il y a aussi un impact économique : après une intervention, ça génère des ventes pour l'auteur intervenant, surtout pour les premiers romans.

SD : En fait, la question est "quel est le rôle d'un auteur ?", que ce soit dans la chaîne du livre ou dans les festivals. 40% des auteurs gagnent moins que le SMIC, et la situation des autres est de pire en pire.

SB : L'éditeur doit faire la promotion des livres. Or, on fait beaucoup reposer la promotion sur l'auteur 😩

SW : La Charte lui a été présentée comme un système idéal, mais il pense que c'est plutôt une base. De plus, le pourcentage de droits d'auteur touché en Jeunesse est encore trop bas [de mémoire, ça tourne autour de 6% alors que c'est dans les 10% en adulte] (même si la Charte les protège davantage, sur la question des interventions, par exemple). Pour lui, les droits d'auteur doivent être la rémunération principale d'un auteur, avec des rémunérations complémentaires ensuite.

SD : Le bénévolat du "viens, ça te fera de la pub", c'est insultant pour les auteurs (et c'est même pire pour les illustrateurs). Heureusement, ce n'est pas le cas aux Ima'. 

SW : Il faut que tous les acteurs de la chaîne du livre soient présents pour les débats, sinon on se fait de fausses idées, du genre "c'est à cause des libraires, qui récupèrent 60% du prix du bouquin" (sauf que c'est faux : c'est plutôt 40%*** et d'autre part, ils ont beaucoup de frais).

SD : Nous devons êtres des partenaires. Il y a vingt ans, un livre de SFFF se vendait à 5.000 exemplaires. Aujourd'hui, c'est moins de mille.

LD : J'avais des réticences sur la rémunération à cause de l'arrivée des jeunes**** auteurs [il doit me manque quelque chose ici, car sorti de son contexte, ça sonne pas très sympa 😅 Je crois qu'il parlait de leur éventuelle exclusion...]. Et comment donner une valeur à une oeuvre de l'esprit ?
Pour ce qui est de Livre Paris*****, le salon est payant mais ce sont les éditeurs qui font l'interface avec les auteurs et qui les indemnisent, pas le salon. C'est pourquoi les auteurs n'ont pas boycotté le salon malgré tout : les éditeurs avaient engagé des frais pour leurs auteurs.
Dans son cas, il ne demandera pas le même tarif à un petit salon gratuit qu'à un gros salon payant. De plus, ce n'est pas la même chose de participer à une table ronde comme celle-ci et de faire une "vraie conférence" (qui demande, elle, de la préparation).
Mais même quand on est un jeune auteur, il faut défendre ses droits.

SB : Ce sont les auteurs qui font la valeur d'un festival, c'est très important, et il ne faut pas l'oublier.

SD : Depuis trois ans que la Foire du Livre de Bruxelles est gratuite, il y a plus de ventes de livres.

SW : Il renchérit et souligne qu'il est hors de question que les Ima' deviennent payantes.

LD : Un festival payant a une mission culturelle envers ses visiteurs. Dans son cas personnel, il peut décider de faire des interventions gratuites, parce que c'est de la promotion de la culture (son truc à lui, c'est le développement durable : ce qui profite à tous profite à l'individuel).




* : en espérant ne pas faire trop de confusions entre les deux : les droits d'auteur, ce sont les €€ que gagnent les auteurs sur les ventes de leurs ouvrages ; les droits des auteurs, c'est un sujet beaucoup plus large, qui englobe, entre autres, leurs rémunérations.

** : au cas où, je précise : pas ceux des Ima' (et de toute manière, je crois que les Ima' n'existaient pas en 75 😉)

*** : on me souffle dans l'oreillette que ce serait même plus proche de 33-35% et que ce seraient plutôt les distributeurs/diffuseurs qui sont à 40%

**** : je rappelle que l'expression signifie "jeune en tant qu'auteur", autrement dit "auteur débutant" 😉

***** : le vrai nom du Salon du Livre de Paris.

lundi 4 juin 2018

Imaginales 2018 : Rêver la ville...

Rêver la ville... Imaginer celle de demain !

(alias "L'architecture dans le monde 

de La Passe-Miroir")



Comme je l'ai évoqué dans mon récap, j'ai été déçue par cette conférence : je m'attendais à quelque chose sur l'architecture moderne et post-moderne, j'ai eu le droit à une présentation de l'univers d'un roman que je n'ai pas lu*. J'ai eu l'explication par le modérateur, à la fin** : le troisième intervenant prévu, l'architecte Claude Valentin, leur a apparemment posé un lapin, et Christophe a donc dû improviser, ce qui a tout recentré sur La Passe-Miroir.
Je suis quand même restée jusqu'à la fin, et pas seulement pour ne pas déranger tout le monde 😅

Sinon, vous connaissez la routine, blabla, avertissements de rigueur : je retranscris ici les notes que j'ai prises pendant la conf ; il est donc tout à fait possible que j'aie fait des contresens et tout à fait certain qu'il manquera des bouts 😁 (sans parler du côté décousu et de ma difficulté à me relire 😳). Les éventuels commentaires entre [ ] sont de moi, et les passages entre guillemets sont censés être des citations.

Intervenants : Christelle Dabos et Laurent Gapaillard (illustrateur des couvertures de la saga).
Modérateur : Christophe de Jerphanion.

CdJ, CD et LG.


CD : L'univers de La Passe-Miroir est "comme une assiette éclatée", chaque morceau avec une culture différente, ce qui conduit à des univers différents, avec des bases aussi diverses que la Wallonie ou la Côte d'Azur. Il y a plein de petites structures architecturales sur de petites roches [ça me fait penser à certains épisodes de Donjon Crépuscule de Lewis Trondheim].
L'héroïne est très petite et trouve facilement les bâtiments écrasants. L'architecture joue un rôle dans l'intrigue.

LG : L'architecture est à l'image des intrigues de la ville.

CD : Elle visualise bien les personnages, mais les lieux sont flous et elle a du mal à les décrire. Elle est d'autant plus contente du travail de LG. Ils ne se connaissaient pas, mais le courant est très vite passé entre eux.

LG : Ce niveau de collaboration auteur-illustrateur n'est cependant pas un cas général, juste qu'on n'en parle assez peu quand c'est un échec 😉


La couverture du tome 1, l'un des deux exemples évoqués ici.

CD : Elle s'est inspirée de l'architecture du château de Vaux-le-Vicomte et de l'esthétique fin XIXe-début XXe siècle. Son héroïne vient d’un petit village et d'un univers assez clos, et se retrouve à devoir s'adapter à de grands espaces et à un univers changeant. De plus, beaucoup de lieux sont très ordinaires mais masqués par des illusions, comme des cache-misères.

LG : Jérusalem est un mille-feuille historique, on ne sais plus qui a construit quoi et pourquoi, on se rappelle juste qu'il y a eu des gens, et ça donne le vertige. 

CD : Le perso d'Ophélie a bien changé depuis le premier jet (qui date de 2007). Par contre, elle voulait un personnage très incomplet, que les épreuves vont construire.

LG : CD ne voulait pas de représentation de personnages sur les couvertures, donc on est partis sur de l'architecture. Ce qui décrit aussi les personnages, mais d'une autre façon.


L'autre exemple : la couverture du tome 3.


CD : Tous mes autres persos se sont construits par rapport à Ophélie, en opposition à un ou plusieurs traits (ou manques) du personnage. Et les premières impressions données par les personnages sont toujours fausses, toute l'histoire est pleine de faux-semblants.

LG : L'illustrateur n'a pas toujours le temps de lire le livre avant. Il pense (du moins, dans son cas à lui) qu'on ne peut pas faire du bon boulot si on ne prend pas le temps de lire le livre, sinon le langage symbolique risque d'être biaisé, moins pertinent.

CD : Elle adorerait avoir un pouvoir de psychométrie***, comme Ophélie, de pouvoir percevoir l'histoire d'un objet et les gens qui l'ont touché.
Elle avait très peur, à la publication, car cette histoire était son jardin secret, et ce sont ses amis (qui l'avaient lue) qui l'ont poussée à la présenter au concours Gallimard Jeunesse.
Ensuite, elle a eu peur des dédicaces ; mais maintenant, c'est un plaisir pour elle de rencontrer son public.
Elle s'inspire des dessins de LG quand elle doit re-décrire des lieux, plutôt que de se fier aux passages qu'elle avait écrits dans les tomes antérieurs. Cf plus haut, décrire les lieux était un peu une souffrance pour elle, mais maintenant, c'est un plaisir. Tant qu'elle n'a pas écrit sur un lieu, il n'existe pas. Au mieux, elle a de petits éléments, mais c'est tout. Sinon, elle se base sur des images (plusieurs à la fois), pour décrire ses lieux.

LG : Il y a une rencontre entre une émotion et les contraintes internes d'un lieu. Lui, ça le prend aux tripes, physiquement. Les formes véhiculent les idées.




* : on m'en a dit énormément de bien, donc je le lirai sûrement un jour, mais comme c'est du Young Adult - pas un de mes catégories de prédilection - ce n'est pas une priorité. 

** : en plus, j'ai raté les premières minutes, où il l'avait peut-être déjà annoncé 😳

*** : le don de percevoir le vécu d'un objet par simple contact, en particulier ce qui touche à ses anciens propriétaires.****

**** : c'est d'ailleurs une des capacités de Carmilla 😉

vendredi 1 juin 2018

Imaginales 2018 : ... Minorités visibles

La fantasy et la SF, c'est aussi...

des minorités visibles !


Petite précision sur cette conférence, qui a été pour moi la plus passionnante de toutes celles auxquelles j'ai assisté lors de ces Imaginales : je me suis permis d'indiquer à quelle minorité appartenaient les intervenants, afin que ceux qui ne les connaissent pas ne soient pas perdus dans leur lecture, j'espère que ça ne blessera personne 😳

Sinon, vous connaissez la routine, blabla, avertissements de rigueur : je retranscris ici les notes que j'ai prises pendant la conf ; il est donc tout à fait possible que j'aie fait des contresens et tout à fait certain qu'il manquera des bouts 😁 (sans parler du côté décousu et de ma difficulté à me relire 😳). Les éventuels commentaires entre [ ] sont de moi, et les passages entre guillemets sont censés être des citations.

Intervenants : Sabrina Calvo* (transgenre), Francis Berthelot (homosexuel), Nnedi Okorafor (noire). Traduction de Morgane Saysana.
Modératrice : Valérie Lawson.

De gauche à droite : VL, SC, FB, NO, MS


Qu'est-ce qui est essentiel pour vous en matière de représentation en SFFF, dans vos romans ou ceux des autres ?

FB : Son premier roman traitait de la persécution des homosexuels dans une galaxie lointaine, c'était très militant et "ça a fait splash" [je suppose que ça veut dire que ça a jeté un pavé dans la mare**, en tout cas, le bouquin a été primé]. Dans ses autres romans, par contre, il n'y avait pas que des personnages homos, même c'était toujours abordé (en n'étant pas forcément le sujet de l'histoire).
Depuis quelques années, il a arrêté d'écrire pour se consacrer à la musique et a composé un ballet qui parle d'un prince qui préfère les hommes et ne veut pas épouser la princesse qu'on lui impose (ce qui aborde plusieurs sujets de transgression).

NO : Quand elle était plus jeune, elle ne lisait pas de SF, parce que c'était "trop froid et trop blanc" (et trop mâle). Il n'y avait rien auquel elle pouvait se rattacher. Quand elle a écrit de la SF, elle l'a fondée sur sa propre culture et son propre peuple (elle a des racines nigérianes), et elle y parle de l’Afrique du futur.

SC : "Je me suis rendue aveugle à moi-même pendant longtemps, le monde ne m'était pas vraiment accessible". Elle a en effet été pas mal refoulée dans son environnement. Ses livres parlent du réapprentissage de sa féminité et sont liés à beaucoup de revendications politiques et de lutte contre les oppressions. En conséquence, ses personnages vivent beaucoup de transformations.

N'y a-t-il pas une norme à bousculer, faire comprendre que ce n'est pas "eux contre nous", qu'on est tous des "nous" ?

NO : Elle ne pense pas aux audiences quand elle écrit. Elle écrit en patois*** sans s'inquiéter de si les lecteurs le comprendront ou non [personnellement, je suis sceptique là-dessus, comme l'ont été les autres intervenants. Après, je n'ai encore rien lu d'elle, c'est peut-être pas si dur à comprendre]. Elle s'attend à ce que le lecteur comprenne. Ce n'est pas son rôle de rendre les choses confortables ou faciles, je préfère parachuter les lecteurs dans mon monde. Et tout le monde est une minorité, à un moment donné.

FB : "Je suis une minorité à moi tout seul".

SC : Elle a eu des éditeurs qui lui ont dit "on ne va pas s'identifier à un perso trans". Ils sont souvent relégués à des rôles secondaires (comme Wanda dans A Game of You, un épisode du Sandman de Neil Gaiman - et un très bon personnage par ailleurs). Elle est la seule trans de son entourage, ce qui lui impose un devoir d'éducation... pour convaincre les gens qu'ils ne doivent pas les tuer ! [car oui, elle s'est pris des menaces du genre "meurs, abomination"... 😱]. C'est fatiguant de devoir se défendre à chaque instant [Son discours a été vraiment très poignant, je regrette de ne pas avoir réussi à tout retranscrire 😳].

N'est-ce pas étonnant que les gens acceptent des univers SFFF et pas la divergence des normes irl ?

NO : Les gens arrivent à s'identifier à des aliens mais ont du mal à en faire autant envers d'autres humains différents. C'est intéressant et c'est peut-être parce que quand c'est humain, ça devient personnel. Elle joue beaucoup avec ça dans ses livres. Son héroïne Binti [je ne crois pas que la série soit traduite en français, et je ne l'ai pas vue (même en VO) aux Imaginales - dommage, parce que ça m'intéressait, je la prendrai sans doute en ebook plus tard 😉] est d'une part la seule Noire de son groupe d'astronautes, et d'autre part une des 2% seulement d'humains de l'université extra-terrestre où elle part étudier. Mais si l'histoire est assez bien racontée, le lecteur s'y intéressera. "Je ne me vois pas comme une minorité, je me vois comme moi-même". Et elle aimerait que les gens la voient comme ça également.

FB : Dans "Les monstres dans la SF" [de Henry Baudin, si je ne me suis pas trompée], il y a deux sortes de monstres : le totalement différent et le presque pareil. Et la deuxième sorte effraie davantage [cf la fameuse "uncanny valley"]. Par contre, il n'aime pas quand le langage et les accents des personnages rendent un texte trop fatiguant à comprendre [cf plus haut 😉].

N'est-on pas tous l'alien de quelqu'un ?

SC : Elle a commencé sa transition depuis peu et veut l'afficher, avec son "côté freak", car elle veut observer la réaction à l'"alien" dans le regard des autres. Lovecraft a d'ailleurs transmis son racisme à ses monstres, en les rendant plus haïssables.

FB : Il a lu un livre de Stéphanie Nicot [une des organisatrices des Imaginales, également trans] sur la transitude : c'est le même problème que les homos dans les années 70, et les Noirs bien avant eux. A vingt ans, il ne voulait pas être homo, mais après trois ans de thérapie, il a décidé que ceux qui n'aimaient pas les homos pouvaient aller se faire foutre.

SC : Il faut arriver à faire comprendre que tout le monde est humain !

Le propre d'un auteur SFFF, n'est-ce pas d'écrire des persos hors-norme ?

NO : Ca peut l'être, mais ce n'est pas indispensable. Elle exprime toute la rage qu'elle peut éprouver dans ses histoires, car sinon elle ne serait pas entendue. La SF peut rendre des choses nouvelles et parler d'un vieux sujet d'une nouvelle manière, triturer les choses juste ce qu'il faut pour que ça "clique" chez le lecteur.

SC : Elle a parlé de la Volte, une maison d'édition dont elle fait partie, très engagée politiquement [c'est celle d'Alain Damasio]. [Encore une fois, son discours était très touchant, et elle a eu le droit, pour terminer la conférence, à une standing ovation****].





* : peut-être plus connue sous le nom de David Calvo. 

** : aucun rapport avec celle des Grenouilles 😛 

*** : pidgin, un genre de créole.

**** : que j'ai éhontément lancée 😎 parce que c'était mérité.