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mercredi 6 juin 2018

Imaginales 2018 : Payer les auteurs...

Payer les auteurs invités : 

jusqu'où aller ensemble ?


J'ai un peu suivi (et totalement soutenu) la polémique du #paietonauteur suite au scandale du Salon du Livre de Paris. En revanche, si j'ai trouvé que cette conférence-ci était plutôt consensuelle, j'en ai lu des échos comme quoi les Imaginales étaient de vils exploiteurs... Ce n'est pas mon avis, mais j'ai pu rater un truc... On a aussi reproché à SW d'avoir monopolisé la parole. Ce n'est pas faux mais, personnellement, ce n'est pas un point de vue que j'entends souvent, et j'ai trouvé ça intéressant.

Sinon, vous connaissez la routine, blabla, avertissements de rigueur : je retranscris ici les notes que j'ai prises pendant la conf ; il est donc tout à fait possible que j'aie fait des contresens et tout à fait certain qu'il manquera des bouts 😁 (sans parler du côté décousu et de ma difficulté à me relire 😳). Les éventuels commentaires entre [ ] sont de moi, et les passages entre guillemets sont censés être des citations.

Intervenants : Samantha Bailly, Lionel Davoust, Sarah Doke (tous les trois très actifs en matière de défense des droits des auteurs*) et Stéphane Wieser (directeur des Affaires Culturelles d'Epinal).
Modératrice : Stéphanie Nicot.


De gauche à droite : SN, SB, SW, SD et LD.


SN : Il y a des projets de suppression des droits d'auteur* pour les directeurs de collections et anthologistes, alors que c'est un travail aussi.

SB : La Charte des Auteurs Jeunesse a été créée (en 1975), à une époque où les interventions scolaires étaient bénévoles. Ses premiers membres se faisaient insulter (même par d'autres auteurs) parce qu'eux réclamaient à être payés. 
Aujourd'hui [et heureusement !] c'est un fait établi, qu'ils doivent être payés pour ce genre de choses.

SN : Comme d'autres membres de sa génération, elle est tombée naturellement, par passion dans le milieu des auteurs SFFF ; et à cette époque, il y avait beaucoup de bénévolat. En conséquence, ils n'ont pas appris à se défendre et à réclamer des droits et des sous.

SD : Elle a rappelé tout le travail fait par Ayerdhal pour les droits des auteurs.

SN : Pour les Imaginales, il est toujours allé de soi que les auteurs seraient au moins indemnisés/ remboursés/ recevraient directement leurs billets de train...

SW : SB a raconté une anecdote où, en 75, des auteurs jeunesse ont avancé l'argent (transport, hôtels...) pour des interventions et au final, les organisateurs** leur on dit "finalement, on ne vous remboursera pas". Lui trouve ça révoltant et malhonnête [et à mon avis, il a fait l'unanimité !].
En 2014, il y a eu une rencontre au Centre National du Livre, au sujet du "il faut payer les auteurs". Tous les directeurs de festivals présents se sont pris un choc, payer les auteurs ne faisait pas partie des moeurs de l'époque. Ils ne se rendaient pas non plus compte de l'investissement que [les interventions] représentaient pour les auteurs.
Actuellement, la rémunération des auteurs représente 25% du budget des Imaginales. Ca n'a enthousiasmé personne, mais ils ont cherché une solution, parce qu'ils jugent que c'est important. Ils se sont basés sur les tarifs de la Charte, mais les leurs sont un peu inférieurs, pour que ce soit "plus gérable".
Ils ne voulaient pas non plus "abandonner" des auteurs ou en inviter moins que prévu. Il y a eu aussi la question "auteurs invités vs auteurs intervenants" : est-ce que tous les auteurs invités doivent intervenir ? [Si j'ai bien compris, c'est le cas, au moins maintenant, parce que ça simplifie les choses]. Il y a aussi un impact économique : après une intervention, ça génère des ventes pour l'auteur intervenant, surtout pour les premiers romans.

SD : En fait, la question est "quel est le rôle d'un auteur ?", que ce soit dans la chaîne du livre ou dans les festivals. 40% des auteurs gagnent moins que le SMIC, et la situation des autres est de pire en pire.

SB : L'éditeur doit faire la promotion des livres. Or, on fait beaucoup reposer la promotion sur l'auteur 😩

SW : La Charte lui a été présentée comme un système idéal, mais il pense que c'est plutôt une base. De plus, le pourcentage de droits d'auteur touché en Jeunesse est encore trop bas [de mémoire, ça tourne autour de 6% alors que c'est dans les 10% en adulte] (même si la Charte les protège davantage, sur la question des interventions, par exemple). Pour lui, les droits d'auteur doivent être la rémunération principale d'un auteur, avec des rémunérations complémentaires ensuite.

SD : Le bénévolat du "viens, ça te fera de la pub", c'est insultant pour les auteurs (et c'est même pire pour les illustrateurs). Heureusement, ce n'est pas le cas aux Ima'. 

SW : Il faut que tous les acteurs de la chaîne du livre soient présents pour les débats, sinon on se fait de fausses idées, du genre "c'est à cause des libraires, qui récupèrent 60% du prix du bouquin" (sauf que c'est faux : c'est plutôt 40%*** et d'autre part, ils ont beaucoup de frais).

SD : Nous devons êtres des partenaires. Il y a vingt ans, un livre de SFFF se vendait à 5.000 exemplaires. Aujourd'hui, c'est moins de mille.

LD : J'avais des réticences sur la rémunération à cause de l'arrivée des jeunes**** auteurs [il doit me manque quelque chose ici, car sorti de son contexte, ça sonne pas très sympa 😅 Je crois qu'il parlait de leur éventuelle exclusion...]. Et comment donner une valeur à une oeuvre de l'esprit ?
Pour ce qui est de Livre Paris*****, le salon est payant mais ce sont les éditeurs qui font l'interface avec les auteurs et qui les indemnisent, pas le salon. C'est pourquoi les auteurs n'ont pas boycotté le salon malgré tout : les éditeurs avaient engagé des frais pour leurs auteurs.
Dans son cas, il ne demandera pas le même tarif à un petit salon gratuit qu'à un gros salon payant. De plus, ce n'est pas la même chose de participer à une table ronde comme celle-ci et de faire une "vraie conférence" (qui demande, elle, de la préparation).
Mais même quand on est un jeune auteur, il faut défendre ses droits.

SB : Ce sont les auteurs qui font la valeur d'un festival, c'est très important, et il ne faut pas l'oublier.

SD : Depuis trois ans que la Foire du Livre de Bruxelles est gratuite, il y a plus de ventes de livres.

SW : Il renchérit et souligne qu'il est hors de question que les Ima' deviennent payantes.

LD : Un festival payant a une mission culturelle envers ses visiteurs. Dans son cas personnel, il peut décider de faire des interventions gratuites, parce que c'est de la promotion de la culture (son truc à lui, c'est le développement durable : ce qui profite à tous profite à l'individuel).




* : en espérant ne pas faire trop de confusions entre les deux : les droits d'auteur, ce sont les €€ que gagnent les auteurs sur les ventes de leurs ouvrages ; les droits des auteurs, c'est un sujet beaucoup plus large, qui englobe, entre autres, leurs rémunérations.

** : au cas où, je précise : pas ceux des Ima' (et de toute manière, je crois que les Ima' n'existaient pas en 75 😉)

*** : on me souffle dans l'oreillette que ce serait même plus proche de 33-35% et que ce seraient plutôt les distributeurs/diffuseurs qui sont à 40%

**** : je rappelle que l'expression signifie "jeune en tant qu'auteur", autrement dit "auteur débutant" 😉

***** : le vrai nom du Salon du Livre de Paris.

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