Version mobile

Si ma charte graphique ne vous plaît pas, essayez avec la version mobile :)

lundi 29 mai 2017

Imaginales 2017 : Les loups-garous...

Les loups-garous, de l'antiquité au XIXe


Première des conférences auxquelles j'ai assisté - avec l'espoir avoué que ça m'aidera pour CQCSLL.

Comme d'habitude, je mets les avertissements de rigueur : je retranscris ici les notes que j'ai prises pendant la conf ; il est donc tout à fait possible que j'aie fait des contresens et tout à fait certain qu'il manquera des bouts 😆 (sans parler du côté décousu et de ma difficulté à me relire 😣). Les éventuelles notes entre [ ] sont de moi, et les passages entre guillemets sont censés être des citations.

L'intervenante, Marie-Charlotte Delmas


Les premières histoires de loup-garou remontent à la Grèce antique, dans les Métamorphoses d'Ovide, avec l'histoire du roi Lycaon. Ce qui a donné le nom de "lycanthropie".*

Les suivantes n'apparaissent qu'au XIIe siècle, en Bretagne, sous le règne d'Henri II Plantagenêt. Cette époque est une "petite Renaissance", où l'on redécouvre les textes antiques étrangers. C'est aussi l'époque des Lais de Marie de France, où celle-ci retranscrit les contes et légendes de son enfance, donc celle du Bisclavret.
Le concept se rapproche du garoav** (ou werwulf) allemand. [C'est apparemment ses vêtements qui lui permettent de redevenir humain, il passe quand même près de la moitié de sa vie en forme de loup, et il n'est nulle part mention de lune ou d'argent***].

Au XVe siècle, les Evangiles des quenouilles rapportent quelques histoires de "leu-warous" et la manière d'échapper à leurs attaques (par exemple, tenir une chandelle bénite non allumée, ou laisser traîner derrière soi sa ceinture ou son tablier). La plupart de leurs apparitions se font entre Noël et la Chandeleur, donc au plus noir de l'hiver. Il s'agit toujours d'hommes, et les protagonistes se posent la question de la transmission de père en fils. [Et j'ai l'impression qu'ils sont plus considérés comme une nuisance que comme des monstres à éliminer - ce sont les maris de certaines de ces femmes].

Le début de la Renaissance est marqué par des guerres et des épidémies. C'est forcément que Dieu n'est pas content, donc c'est la faute des hérétiques, donc des sorciers et sorcières. (Petite remarque au passage : on considère alors que la magie est une discipline qui s'enseigne tandis que la sorcellerie relève du domaine privé).
Si on les brûle, c'est afin que leur corps ne puisse pas se relever au moment du Jugement Dernier.

Au XVe-XVIe siècle, on voit apparaître des "démonologues", qui définissent ce qui fait un sorcier ou une sorcière. Dans leurs récits, on trouve les aveux d'hommes qui, "oints d'une chandelle en cire verte, ont passé un pacte avec le Diable pour se transformer en loups" et d'autres disent s'être changés en loups pour tuer et manger des enfants.

Au XVIIIe siècle, on trouve parfois dans les monitoires la menace, en sus de l'excommunication, d'être condamné à être loup-garou si le coupable d'un crime n'est pas dénoncé. Et c'est aussi l'époque (vers 1765) de la Bête du Gévaudan.

Au XIXe siècle, le mythe se fait plus présent dans les récits paysans et il évolue un peu : on peut délivrer un garou en le faisant saigner (souvent au front, parfois à la patte), et ce n'est pas forcément un loup. Le nom varie aussi, on parle d'elbrou, de billerou, de loup-bérou... 

Parmi les causes de la transformation, on trouve [en sus de celles que j'ai rapportées plus haut] :
  • une transmission de père en fils
  • un pacte avec le Diable (mais un Diable plus humanisé qu'aux siècles précédents, et qui se fait parfois duper)
  • un garou qui transmet sa peau de loup à une autre personne
  • s'être frotté le corps avec une liqueur trouvée dans un fossé [WTF ! 😲]
  • être "pris d'un mal où on se se jette dans une fontaine" et en ressort changé en loup ou en chèvre
  • un drap de lit posé à minuit à un carrefour, qui se change en peau de loup.

Quant aux méthodes pour le faire fuir [en sus de celles que j'ai rapportées plus haut] :
  • tirer [au fusil, je suppose] sur son ombre
  • porter un trèfle à quatre feuilles
  • plein d'autres solutions magico-religieuses.

Le rapport à la lune vient au XIXe siècle, car "la lune est le soleil des loups". En général, ils sont plutôt associés à la nuit tout court, surtout qu'avant le début du XXe siècle et l'apparition de l'électricité, les nuits sont très noires.
D'ailleurs, vu que la pleine lune crée de la lumière, on la considère plutôt comme hostile aux créatures surnaturelles. Mais on ne lui donne aucun lien avec les garous avant le XIXe siècle. Ca a été apporté par le mythe du vampire, au XVIIIe siècle, via les soldats allemands (pendant les guerres), et à partir de l'Est de la France. C'est aussi de cette époque que vient l'idée de la contamination par morsure, qui n'existait pas avant.

Pour ce qui est de leur vulnérabilité à l'argent, c'est là encore une confusion avec les vampires : la croyance est plus moderne et le métal était trop rare, à l'époque, pour apparaître dans les mythes populaires [ça ne me semble pas contradictoire, à moi ; j'imagine bien des légendes parler de créatures seulement tuables grâce à un métal rare...].

On note aussi que pendant le Samhain gaulois, on se déguisait avec des peaux de bêtes (on peut rapprocher ça des traditions de carnaval modernes), avec peut-être un reste de traditions primitives d'initiation/rite de passage - ce qui a pu inspirer le mythe.




* : ce qui est bien fichu, vu que "lycaon" signifie "loup" en grec 😈

** : je ne connais pas l'orthographe du mot et Google n'a rien donné non plus.

*** : d'ailleurs, aucun des garous mentionnés dans la conférence n'est sensible à l'argent, il se pourrait que ce soit un trait vampirique qui se soit propagé d'un mythe à l'autre.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire