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mardi 15 novembre 2016

Entretien avec un agent littéraire

Il y a quelques semaines, Cocyclics a organisé pour ses membres un entretien avec un agent littéraire. Voici les notes que j'ai prises. Pour éviter le flood de la victime l'intervenant par les demandes des auteurs, ce compte-rendu a été anonymisé.

R* travaille dans une des plus grandes agences littéraires londoniennes, et s'occupe principalement des traductions, autrement dit la vente des droits des livres à l'étranger.

Tout d'abord, il faut savoir qu'il n'existe pas de définition du métier d'agent littéraire. Parmi les différents types d'agents, on peut noter : 
  • l'agent primaire, qui représente l'auteur.
  • l'agent de droits étrangers, qui s'occupe de la vente aux autres pays.
  • l'agent de droits audiovisuels (en Grande-Bretagne, l'éditeur n'a jamais les droits audiovisuels, ils sont toujours gérés à part). 
  • l'agent "book-to-film", qui s'occupe des adaptations et dépend du précédent.
R est dans les deux premières catégories et s'occupe surtout de vendre les droits d'oeuvres francophones à l'étranger (Espagne, Brésil, Turquie, Corée...). Il faut parfois plusieurs années pour placer ainsi un roman. L'agence de R travaille ainsi avec plus de quatre mille maisons d'édition à travers le monde.
Sinon, R s'occupe de "ses" auteurs francophones et de les "vendre" aux MdE françaises.

Dans le milieu anglo-saxon, on cherche surtout le best-seller 😒 (il faut savoir que les agents touchent un pourcentage des gains de l'auteur). Ce n'est pas le but premier de R, qui tient avant tout à avoir une bonne relation de travail avec ses auteurs et à les accompagner sur leurs textes, car "les auteurs ne savent pas pour qui ils écrivent".
De plus, sachant que les auteurs ont rarement un seul projet, il faut avoir une vision globale et identifier le projet qui lancera leur carrière.
Enfin, il faut s'occuper de la partie soumission et négociation auprès des MdE, ce qui allège bien les choses pour les auteurs.
On peut noter également qu'un agent se charge aussi de la gestion des droits étrangers et audio-visuels, et aide aussi pour la comptabilité et les questions juridiques. En général, l'agent n'intervient pas dans le processus d'editing, mais peut aider l'auteur, si nécessaire, pour la promotion et le marketing de l'oeuvre (voyages, interviews...), et même faire un peu de coaching, si besoin : "le but de l'agent, c'est de trouver le partenaire (éditorial) idéal".

Les agents littéraires, comme évoqué plus haut, sont payés à la commission. Autrement dit, ils ne demandent pas d'argent à leur auteur-client ! Le contrat établi entre les deux est d'une durée limitée (révocable et/ou renouvelable) et peut concerner l'ensemble des oeuvres d'un auteur ou un seul de ses livres.
A ce propos, il faut savoir qu'un auteur représenté par un agent gagne plus que s'il travaille directement avec une MdE, donc bien qu'il doive donner une partie de ses revenus à l'agent (R prend 20% mais reconnaît que c'est le haut de la fourchette, le bas étant de 10%), ce qui lui reste est quand même plus élevé que s'il s'était débrouillé seul.

Le fait d'être un auteur débutant et/ou de ne pas être très prolifique n'est pas un handicap (ou du moins, pas pour R 😉). Pareil, ce n'est pas "grave" si l'auteur écrit dans plusieurs genres différents ou s'il a des soumissions en cours (du moment qu'il en informe l'agent 😏). Par contre, les MdE ne traitent pas forcément plus vite les manuscrits qui sont passés par un agent, ça peut dépendre des relations de l'agent avec la MdE.
Un agent peut aussi s'occuper de la publication de nouvelles (individuelles), mais R n'a jamais rencontré ce cas de figure pour le moment.

Pour une oeuvre francophone, se faire publier (et donc traduire) sur le marché anglo-saxon est très difficile, car le marché local est très frileux. En revanche, ça marche beaucoup mieux pour le reste de l’Europe (et l’Asie).

Il y a de plus en plus d'agents en France, et un syndicat a même été fondé ce printemps.

Si vous cherchez à vous faire représenter par un agent, R vous conseille de discuter avec les clients de celui-ci, afin de vous faire une idée sa façon de travailler. 

Et quoi qu'il en soit, n'oubliez pas qu'un agent ne prend jamais de décision sans l'avis de l'auteur !





* : aucun rapport avec le héros de Vivants 😏**

** : c'est cool, Blogger permet d'insérer des smileys, maintenant 😄, j'irai pe en remettre sur mes posts précédents...

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