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mercredi 1 juin 2016

Imaginales 2016 : "Griffe d'Encre..."

Griffe d'Encre (2005-2015) : 

Dix ans d'édition, dix ans de passion.


Griffe d'Encre et moi, ça a toujours été quelque chose de spécial. Quand la maison a été fondée, en 2005, par "mes copines CeNedra et Menolly du Coin des Lecteurs"*, j'ai été invitée à la soirée de lancement, et j'étais fière d'y être, alors même que je n'écrivais pas encore**. J'ai collectionné religieusement tous les cinquante-huit ouvrages publiés, et j'en ai apprécié la plupart. J'ai été évidemment très triste d'apprendre que la maison était contrainte de fermer ses portes - et je regrette immensément de ne jamais avoir pu être publiée chez eux*** - et quand j'ai su qu'il y aurait cette conférence-hommage, je ne pouvais pas ne pas y aller.****


Comme d'habitude, je précise que ce compte-rendu est fait à partir des notes que j'ai prises, et ne doit donc pas être pris comme parole d'évangile*****. Je ne sais pas si ActuSF en a fait un podcast, comme ça a été le cas pour beaucoup des confs des Imaginales, mais ils en ont diffusé une courte vidéo sur leur chaîne Youtube.
Les commentaires entre [] sont de moi.

Intervenants : Magali "CeNedra" Duez et Menolly (Sophie Dabat n'étant pas dispo), Jeanne-A Debats, Li-Cam et Karim Berrouka (auteurs et collaborateurs de GdE).

Griffe d'Encre a été fondée aux Utopiales 2005, plus ou moins. Ils ont donc édité cinquante-huit ouvrages, dont onze recueils [et apparemment, je ne suis pas la seule à les collectionner ;)]. Ils recherchaient un imaginaire proche du réel, un peu comme ce que font Mélanie Fazi ou Graham Joyce. Au début, ils voulaient l'appeler CeZaMe, selon le surnom des trois fondatrices, mais la marque était déjà déposée pour certains domaines dans lesquels ils craignaient un conflit.

La première anthologie, Ouvre toi (à cause de "CeZaMe" ;)) a été publiée en 2007. Ils ont reçu plus de cent nouvelles en réponse à leur appel à textes.

Un peu plus tard [dsl, la flemme de vérifier la date, mais ça a été une de leurs premières publications], La vieille Anglaise et le continent a remporté quatre prix. C'est d'ailleurs cette novella qui a permis à Jeanne-A Debats de "décoller" en tant qu'autrice. Le texte ayant nécessité très peu de corrections, Menolly s'est déclarée "frustrée" d'avoir eu aussi peu d'influence dessus ;)

GdE n'a jamais "commandé" de textes, à la semi-exception de Présumé Coupable, d'Isabelle Guso [que je recommande vivement], car Menolly voulait un ouvrage sur ce sujet****** - mais se réservait le droit de refuser si jamais ça ne lui convenait pas.

Pour les anthologies, les nouvelles envoyées par les auteurs étaient toujours anonymisées avant d'être examinées pour le comité de lecture. MD a avoué avoir parfois pris des textes qui ne l'avaient pas emballée personnellement, à cause des retours enthousiastes du comité de lecture.
JAD a souligné qu'elle avait adopté les mêmes critères lorsqu'elle était amenée à diriger des anthologies [c'est d'ailleurs un thème qui reviendra régulièrement pendant la conférence : GdE a été reconnue par ses collègues pour son sérieux, son professionnalisme et la qualité de son édition].

La maison a reçu beaucoup de soutien au fil des ans, dont Bragelonne (surtout au début), qui leur a donné beaucoup de conseils (ils aident beaucoup les petites mde). Ils ont aussi eu beaucoup de soutien de la part des Imaginales, où ils ont eu beaucoup de livres primés ou sélectionnés. Sans oublier le lectorat, qui leur a fait beaucoup de bonne pub [j'ai appris au passage que plusieurs Grenouilles avaient collaboré avec GdE, en sus de celles qui y ont été éditées].

Li-Cam [autrice de Lemashtu et Insangerât] a dit avoir appris son métier d'auteure chez GdE (c'est Ayerdhal [récemment décédé :(] qui qui lui avait conseillé de publier dans une petite mde plutôt qu'une grosse, car les vampires n'étaient pas à la mode à cette époque). Elle a insisté sur la qualité de la direction littéraire de GdE, qui a édité "des ouvrages qui ressemblent à leur auteur". Elle a déclaré plus tard "une maison d'édition est un sacerdoce".

JAD a d'ailleurs signalé qu'elle ne prenait au sérieux ses correcteurs (dans les autres mde où elle publie), que s'ils ont la même rigueur que ceux de GdE.

Menolly a souligné que les livres édités par GdE avaient trouvé leurs lecteurs ; même quand ils n'avaient pas été un succès commercial, ils faisaient encore parler d'eux trois ou quatre ans après. Karim Berrouka regrette cependant que certains recueils de nouvelles n'aient pas eu plus de succès, malgré leur qualité reconnue. "Griffe d'Encre n'avait pas assez la fibre commerciale", constatera Menolly vers la fin de la conférence.

La fin de GdE a été planifiée dès 2014, mais ils pensaient alors pouvoir encore publier les projets en suspens à ce moment. Tout le staff a eu des "galères" personnelles et professionnelles à cette époque, ce qui a motivé la fermeture. Un an plus tard, ils ont décidé d'arrêter tout court, par peur de bâcler lesdits projets en cours. La décision a été accueillie... par des messages de soutien de la part de tous les partis concernés (oui, même de la part des auteurs "abandonnés").

Le dernier ouvrage paru a donc été Kisasi, d'Aurore Perrault [une Grenouille ^^], et ils ont été contents de finir sur un texte engagé, fort et proche du réel comme celui-là [il est sur ma pile-à-lire].

Un libraire présent dans la salle a souligné, une fois encore, la réputation du travail éditorial de GdE auprès de sa profession.
La maison a servi de tremplin pour beaucoup de jeunes auteurs francophones (c'était un de ses buts) et a d'ailleurs été partenaire de Cocyclics [^^] pour certaines anthologies comme Destination Univers [antho SF dirigée par JAD et Jean-Claude Dunyach, et que je vous recommande chaudement].

Dans la salle, Nathalie Dau [autrice de En revenir aux fées, entre autres] a signalé que sa carrière à elle aussi a vraiment décollé grâce à GdE. Et lorsqu'elle a créé sa propre maison d'édition [Argemmios, aujourd'hui défunte, hélàs], elle a beaucoup copié sur les "standards" de GdE (ce qui explique sans doute pourquoi les choses se sont passées aussi bien que pour GdE quand ils ont dû fermer).

Plusieurs autres auteurs présents ont remercié GdE pour la diversité, la rigueur, la rigolade... au sein de la mde. KB a souligné que beaucoup des meilleurs livres qu'il a lus ont été publiés chez GdE.

Aujourd'hui, Menolly a toujours un pied dans l'édition, en faisant de la lecture et de la correction ; Magali, elle, travaille à présent comme traductrice, pour Bragelonne et d'autres.





* : je n'oublie pas la troisième, Sophie Dabat, mais je ne la connaissais pas à l'époque.

** : ou du moins, pas sérieusement comme je le fais à présent depuis trois ans.

*** : en même temps, si je m'étais mise à écrire plus tôt...

**** : mes excuses encore à Mis' pour l'avoir lâchement abandonnée pour son Speed-Dating des Editeurs - heureusement qu'elle n'a pas eu besoin de moi !

***** : déjà que j'ai du mal à me relire...

****** : dont je ne dirai rien, parce que justement, c'est là que réside le coeur de l'histoire. Faites-moi confiance et lisez-le si vous en avez l'occasion.

2 commentaires:

  1. Encore un chouette compte rendu !
    Quant au speed dating, tu es venue et tu m'as tenu la main, que demander de plus ? ;)
    Mis' (t'avais compris ^^ )

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    1. Certes, mais quand je suis arrivée, tu avais fini ;)

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