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jeudi 24 mars 2016

Background : Araann

Vu l'état de l'actualité, je ne me sentais pas de faire un article, ce début de semaine. Et puis j'ai pris mon courage à deux mains, parce que je n'aime pas prendre de mauvaises habitudes. J'ai de la famille (éloignée) en Belgique, plus quelques potes, mais peu ou pas à Bruxelles. Personne que ne connais n'a été touché. N'empêche, j'ai l'impression que le gouvernement belge réagit mieux que le nôtre - mais c'est peut-être parce que je ne suis pas sur place.

Le fond de ma pensée - allégorie.

A part ça, ça avance toujours pour Anya, quoique petit à petit. Elle s'apprête à fêter Noël loin de chez elle, et ce n'est pas évident.

En attendant, j'ai exhumé un petit background, créé à l'origine pour Turambar*.

Durant toute mon enfance et mon adolescence, je n'ai guère vu de visages masculins.

Mon village, niché au pied des Montagnes Bleues, subit depuis des générations une étrange malédiction : il n'y naît quasiment aucun garçon. Au moment où je l'ai quitté, il ne comportait que dix hommes : Brusil (le fils de la tisserande) et son père, mes deux oncles, le frère de ma mère, le fils de ma cousine Arabeth, celui de la meunière, le père de la charpentière, mon cousin Orsil et le mari de ma cousine Alinaa.

Contrairement à ce que certains pourraient penser, cela ne nous cause aucun handicap au quotidien. Nous assumons le plus naturellement du monde les tâches qu'ailleurs on juge réservées aux mâles. Ainsi sommes-nous guerrières, forgeronnes, charpentières... La seule difficulté est peut-être de trouver un homme qui acceptera de rejoindre notre communauté au côté de l'une d'entre nous - et de contribuer au renouvellement de la population.

Et ainsi avons-nous développé la tradition, lorsque nous entrons dans l'âge adulte, de quitter notre foyer à la recherche de celui qui partagera notre vie. Certaines y parviennent et nous présentent avec fierté l'époux qui tiendra leur foyer et élèvera leurs enfants. D'autres, comme ma mère, rentrent seules mais le ventre gros de promesses. Et quelques-unes ne reviennent pas, tombées sous les coups des orcs ou les flèches de l'Amour.

J'ai donc grandi au milieu de ces femmes, aidant d'abord aux champs avec mes oncles et mes cousines, puis, comme j'étais grande et bien bâtie comme ma mère et ses soeurs, je fus placée auprès de ma tante Alassia, notre forgeronne, afin de l'aider à la mine.

Un beau jour, alors que je devais avoir une douzaine d'années, ma tante eut la visite d'un étrange personnage. Déjà, c'était un mâle, comme l'attestait son impressionnante barbe rousse, et sa carrure dépassait même celle de Tante Alassia, qui était pourtant la femme la plus forte du village. Par contre, il était à peine plus grand que moi. C'était mon premier nain.

Dès son arrivée, ce curieux personnage fut la cible des regards de tous les enfants et il y eut une foule de têtes brunes aux fenêtres de la forgeronne tandis que celle-ci négociait âprement avec le commerçant les lingots de valorite ou de seregril que nous avions extraits - des métaux bien trop précieux pour l'usage que nous en avions.

Enfin, quelques heures après, nous nous éparpillâmes lorsqu'il sortit enfin, avec un sourire que sa pilosité faciale ne dissimulait pas entièrement. Et parce qu'il était dans de bonnes dispositions et qu'il ne devait repartir que le lendemain, il nous gratifia, à la veillée du soir, du récit de quelques aventures de sa jeunesse. A l'en croire, il avait traversé déjà tout le continent, de nos montagnes jusqu'aux blanches tours de Minas Tirith, et combattu moult créatures qui n'étaient alors pour moi que les croque-mitaines promis par nos pères aux petites filles désobéissantes.

Si je ne sus jamais son nom, ses récits restèrent, en revanche, gravés dans ma mémoire. Toute mon adolescence fut bercée de ce souvenir et je rêvais souvent de batailles épiques où je pourfendais orcs et trolls d'une lame vengeresse. Ainsi demandai-je bientôt à ma mère, notre chasseresse, de m'apprendre les rudiments du combat. Et je me mis à compter les années, les mois, les jours qui me séparaient de la majorité et de mon départ pour d'autres horizons.

Ma décision ne surprit pas grand-monde, à part peut-être la mère de Brusil, qui avait toujours espéré que j'épouserai son fils et que je prendrai un jour la suite de ma tante à la forge. Mais ma cousine Alinaa était bien plus douée que moi dans les arts du métal et, si je ne pouvais ignorer les regards transis du fils de la tisserande, je le connaissais depuis trop longtemps pour le considérer autrement que comme un frère.

Et c'est ainsi que moi, Araann, fille d'Arilynn, je me retrouvai sur la route, le sac au dos, avec mon arc, mon épée et la bénédiction de ma mère.




* : serveur Ultima Online dans l'univers du Seigneur des Anneaux, je rappelle.

2 commentaires:

  1. Tu fais dans la fantasy, aussi ? ^^ c'est bien écrit, en tout cas !

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    Réponses
    1. Contente que ça te plaise :)
      Je "fais" de tout, mais j'ai tendance à préférer les trucs à base contemporaine ;)

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