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jeudi 4 juin 2015

Imaginales 2015 : "Mercenaires et tueurs professionnels : ..."

... Les mauvais mecs de la fantasy*


Voici donc une espèce de compte-rendu** de la seconde des deux conférences auxquelles j'ai assisté aux Imaginales, en ces derniers jours de mai. Comme pour la précédente, j'ai surtout noté les réponses des auteurs aux questions qui ont été posées par l'animateur de la conférence. Les trucs entre [] sont de moi. Si vous étiez là et vous constatez que j'ai fait des erreurs en prenant mes notes, n'hésitez pas à me le signaler dans les commentaires !

De gauche à droite : l'animateur, FC, BW, la traductrice de BW, JPJ, PB (image éhontément piquée sur le site d'actusf).
Etaient présents : Paul Beorn (grenouille et auteur de "Le septième guerrier mage"***), Fabien Cerutti (auteur de "Le bâtard de Kosigan"***), Jean-Philippe Jaworski (auteur de "Gagner la guerre"****) et Brent Weeks (auteur de la série "L'ange de la nuit", laquelle attend dans ma liseuse).

BW : [Il a] voulu aborder les problématiques suivantes : Est-ce qu'un tueur peut avoir une éthique ? Est-ce qu'un homme bon peut faire le mal ?***** Quelles sont les conséquences ? (à savoir : suivre ce chemin ou mourir).

FC : [Lui a] voulu poser la question de la responsabilité du capitaine mercenaire envers ses hommes et ses employeurs.

PB : Jal, lui, a été enrôlé de force et ne veut pas se battre, mais il y est contraint (pour garder sa liberté, entre autres).

JPJ : Au contraire, Benvenuto se préoccupe surtout de lui-même. Ce n'est pas un psychopathe. Il a l'amour du travail bien fait et de ses conséquences (argent, meilleur statut...) mais ne prend pas plaisir à tuer en soi. Il est plutôt sociopathique, intelligent [il a corrigé pour "rusé" après la conférence : Benvenuto est parfois très con] et il sait reconnaître qui est plus puissant que lui. Il a l'air monolithique, mais il porte tout de même une "cuirasse".

BW : Durzo Blint est un personnage complexe, qui lutte contre lui-même. Il se montre parfois contradictoire (en ne suivant pas toujours les règles qu'il professe).

FC : Kosigan est un élément clé de la situation politique [dans son univers]. Il doit réussir à exister être le meilleur dans un panier de crabes. C'est plus un manipulateur qu'un assassin, car tuer est dangereux et donne prise à la vengeance ; donc assassiner est un dernier recours (et ne pas tuer minimise les risques). Il aimerait se ranger, mais à force de jouer sur tous les tableaux, il s'est fait beaucoup d'ennemis.

PB : Dans ce métier, les problèmes de santé mentale sont fréquents. Jal entend la voix de son mentor/père adoptif abusif. Il veut arrêter de tuer, mais il est hanté par son passé. La voix lui donne de mauvais conseils afin qu'il reste un tueur.

Question : Existe-t-il une éthique de l'assassin ?******

JPJ : [Dans son univers] il existe des principes, dépendant de la nature de l'entreprise criminelle. "Un assassin est un homme d'affaires". Il faut donc avoir une bonne vitrine, bien bosser, limiter les risques afin d'être bien payé. Benvenuto est fasciné par son patron et trop proche de lui par rapport à sa guilde, ce qui est dangereux pour lui (problème potentiel de loyauté). [Je ne sais plus de quel personnage est la citation, c'est peut-être même de Machiavel] "l'amitié, c'est ce qui est mutuellement profitable", ce qui explique pourquoi il est plus proche de son patron que de sa guilde.

BW : Les gens sont fascinés par les assassins, car ils s'en sortent. [BW] veut montrer les conséquences psychologiques d'être un assassin mais aussi la séduction de cette profession, qui élimine littéralement les problèmes. Blint a une éthique très professionnelle, à la limite du TOC. Lui et ses collègues fréquentent des sales types, des sadiques... Ca nous fait nous sentir mal car même s'ils sont séduisants, ça reste des meurtriers [remarque qui pourrait, d'ailleurs, aussi s'appliquer aux vampires ^^].

FC : Kosigan n'a pas de règles à lui, il cherche à connaître les règles des autres pour mieux les vaincre (en contournant ces règles). "Les auteurs mettent une part d'eux-même dans leur perso"*******. Il y a aussi une question de société : "on ose aujourd'hui ce qu'on cachait hier", en particulier montrer des persos qui ne sont pas moraux. Ce qui peut être un problème vis-à-vis des jeunes, avec de tels modèles.

PB : Jal est égoïste et individualiste, il n'a pas d'éthique. Il se retrouve contraint [dans l'histoire] de s'attacher à des gens, ce qui va le faire évoluer dans ce sens [de devenir moins individualiste]. [Dans ce métier], pour ne pas devenir fou, il faut se raccrocher à quelque chose ou quelqu'un. Jal se raccroche ainsi à une enfant qu'il a sauvée, pour pouvoir se dire "je ne suis pas mauvais, puisque j'ai sauvé quelqu'un".

JPJ : Benvenuto se sert de la politique. Il vient plus ou moins d'une famille déchue et est fasciné par son patron et la richesse de celui-ci. C'est un barbouze. "Gagner la guerre" est une application des principes de Machiavel.

BW : "L'ange de la nuit" est aussi un roman d'apprentissage de la carrière de tueur. Le premier meurtre que commet Kylar (l'apprenti de Blint) est celui d'un "méchant", donc, qqpart "c'est ok". Le problème, c'est que le crime a un témoin, une femme innocente, et il est contraint de la tuer. [BW] pose donc la problématique de prendre les mauvaises décisions. [Il veut] aussi montrer que tuer peut être sale, et pas aussi rapide et propre que les "pros" dans les films. Qu'on peut aussi foirer son job et devoir "réparer" après (Kylar est un apprenti, un apprenti fait des erreurs, mais on apprend de ses erreurs).

FC : Contrairement aux autre personnages présentés ici, Kosigan n'est pas très solitaire, il a des gens à qui déléguer le boulot. Il garde le contrôle en cherchant ce qui motive ses hommes et veille à le leur donner, et même un peu plus. C'est ainsi qu'il se les attache, qu'il se garantit leur fidélité. C'est un vrai chef.

PB : Pour Jal, "tout part d'une femme", qui est froide est déterminée, mais c'est pour une bonne cause. C'est elle qui le contraint à assumer des responsabilités.

Ma conclusion : J'ai beaucoup aimé (bonne ambiance, tout ça) et j'y ai retrouvé les principes de Paul******** et de l'Agence ^^ Beaucoup aimé aussi le point de vue de JPJ, qui tranche avec ses trois collègues : Benvenuto s'assume totalement, lui ! C'est vrai que ce débat avait un côté "chacun présente son perso", mais vu que les quatre sont assez différents, ça a au moins eu le mérite de donner un point de vue varié.



*: ça faisait un peu long à mettre en entier, comme titre.

**: voir billet précédent.

***: que je compte ajouter à ma liseuse dès que j'en aurai les moyens, parce que la conf' m'aura donné envie de le lire.

****: que j'ai adoré, ainsi que les autres bouquins de lui que j'ai.

*****: ce qui m'a rappelé le film "Hitman" (avec Timothy Olyphant).

******: ouep, j'ai quand même réussi à noter une des questions ^^

*******: ça m'inquiète un peu si c'est vrai pour JPJ :p

********: le mien, pas Beorn ! 

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