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Pour ceux qui n'aiment pas ma charte graphique, la version mobile leur plaira peut-être plus...

vendredi 3 juillet 2015

Vague de chaleur


(C'est pas exactement celle dont je me rappelais, mais j'ai pas trouvé mieux :( )

Bon, tout ça pour dire qu'il fait une chaleur à tuer les p'tits chiens* et que ça me motive pas des masses. Les températures supérieures à 30° devraient être illégales ^^ En plus, le soleil, ça me donne des boutons.***

Bref, je serai peut-être en état de faire quelque chose la semaine prochaine (on peut toujours espérer), mais pour celle-ci, c'est mort. Au programme : la version 3 d'une nouvelle (un peu****) gore du Darksideverse : "Bon anniversaire, Joshua". Y'a des détails à arranger, notamment le fait que les tendons humains, c'est horriblement dur à arracher.*****

Et sur ce, je vais aller camper dans le congélo ^^



* : ce qui est le sens propre du mot "canicule".**

** : culture, confiture, tout ça...

*** : goth spotted (littéralement).

**** : pour une définition donnée de "un peu" ^^

***** : à ce qu'on m'a dit, je ne suis pas équipée pour tester :p Et t'façon, c'est pas vraiment un problème pour Josh.

mercredi 24 juin 2015

Darkside : Avancement (2)

Si j'ai un peu traîné à donner des nouvelles, cette semaine, ... ben c'est un peu expliqué dans mon article précédent ^^ Hésitation, flemme... 

Enfin bref, l'important, c'est que ce soit - au moins partiellement - surmonté !

Et donc, j'ai enfin fini de réécrire la fin de "La rencontre"* et, comme promis, je vous la dévoile ici** !

Ca raconte donc la rencontre*** entre Joshua (mon personnage principal***) et Zeel White (un personnage très important de l'histoire)****. Je précise quand même que le texte ci-dessous, comme la plupart de ce qui touche au "Darksideverse" est plus ou moins du premier jet en ce qui concerne la forme : j'ai corrigé les répétitions qui me sautaient aux yeux et les fautes d'ortho-grammaire, mais je me suis pas fait ch... à aller plus loin ^^

Enjoy quand même ^^




* : je sais, c'est pas original, mais je manque d'inspiration pour les titres, en général.

** : vu que c'est assez long, pour une fois, je mets mes notes de bas de page en milieu de page ^^

*** : sans blague ?!

**** : faudra que je fasse une page de présentation des persos, mais y'en a beaucoup, vu que l'histoire se déroule sur plus de 500 ans...




J'étais tranquillement en train de faire chauffer l'eau du thé - comme tous les jours vers seize heures trente, lorsque j'entendis sonner à la porte. J'étais surprise : je n'attendais pas de visite. Un regard par l'oeilleton me dévoila la silhouette bleue et longiligne de ma nièce.

- Janille ! Que me vaut le plaisir ?, m'exclamai-je en ouvrant la porte.
- Eh bien... j'avais envie de prendre le thé avec toi. J'ai même ramené des biscuits !
- Je ne peux pas dire non à une offre comme celle-là ! Entre donc !

Elle me suivit à l'intérieur, son sachet de gâteaux à la main, avec cet air compassé des pré-ados en visite. Je me doutais bien qu'elle n'était pas venue que pour le plaisir de ma compagnie, mais je préférais lui laisser le temps de se poser, qu'elle me parle quand elle serait disposée à le faire.

Bien que sa mère soit mon aînée de presque deux ans, je m'étais plus ou moins retrouvée dans le rôle de la grand-mère, vis-à-vis de ma nièce. Il faut dire que Sylvie l'avait eue à plus de soixante ans, ce qui faisait tard même pour une mutante, et que je venais moi-même d'avoir mon premier petit-fils à cette époque.

Je continuai donc mes préparatifs, choisissant le mélange que nous allions déguster cette après-midi - un thé noir aux framboises - et sortant la porcelaine, tandis que Janille déposait avec soin ses biscuits dans une assiette. Quand tout fut prêt, nous migrâmes vers le salon, avec la solennité d'une procession religieuse, puis nous nous installâmes et commençâmes notre dégustation.

J'observai ma nièce tandis qu'elle entreprenait de me raconter les dernières anecdotes de son quotidien. Comme à son habitude, elle était habillée bien trop légèrement pour ce début d'automne : un short en toile jaune poussin et un polo blanc à manches courtes. Un des avantages d'être couverte de fourrure, supposais-je. Elle avait relevé ses cheveux en une queue de cheval très haute - une coiffure qui me rappelait sa mère au même âge - et ses mains portaient les traces d'un vernis à ongle écaillé dont le rose vif jurait avec le bleu électrique de son poil.

En opposition avec son apparence exotique, sa conversation, elle, correspondait tout à fait à ce qu'on pouvait attendre d'une enfant de son âge : l'école, les copines, les hobbies... Bien qu'elle fréquentât un établissement adapté à son niveau intellectuel, ce n'était pas très différent de ce que j'avais pu entendre chez mes petits-enfants.

Enfin, après avoir prononcé le dernier mot d'une diatribe enflammée contre l'infirmière qui ne la laissait pas utiliser ses dons de guérison sur les bobos de ses camarades, elle en vint au vif du sujet :

- Dis-moi, Tante Suzanne, tu peux me parler un peu de Papa ?

Je soupirai. Si ma soeur n'avait jamais caché à sa fille la colère qu'elle éprouvait pour le géniteur de celle-ci, elle avait cependant eu l'honnêteté de ne pas chercher à la rallier à sa cause. Janille avait appris dès son plus jeune âge que tout ce qui se rapportait à son père était banni de la maison, mais qu'elle était encouragée à aborder le sujet avec n'importe quel autre membre de la famille, tant que sa mère était hors de portée d'ouïe.

- Tu ne ferais pas mieux de demander à ton frère ou à quelqu'un d'autre ? Je n'ai jamais été très proche de lui, tu sais.
- Ben en fait, c'est lui qui m'a conseillé de venir te voir, dit-elle, un peu gênée. Franklin, il voit l'avenir, pas le passé. Je veux dire, il m'a déjà raconté plein de trucs de quand il était petit, quand il a vécu avec Papa après la mort de sa mère, par exemple. Mais toi, il paraît que tu étais là quand Papa et Maman se sont rencontrés  pour la première fois...
- Eh bien, c'est vrai, mais je me demande si c'est bien de ton âge...
- Oh allez ! Si Papa a tué des gens, tu sais, t'es pas obligée de donner des détails, si ça te gêne.

Je ne pus m'empêcher de rire. Joshua avait mauvaise réputation, et personne, même ses amis, n'avait jamais cherché à le cacher à sa fille. Mais cela ne voulait pas dire que Janille était au fait de tous les détails que cela impliquait. A son âge - et Dieu merci - "avoir tué quelqu'un" était encore quelque chose de très abstrait.

- Ton père n'a tué personne cette fois-ci, répondis-je, mais il a été gravement blessé.
- C'est possible, ça ? interrogea-t-elle, surprise.
- A l'époque, oui. Sa régénération est beaucoup plus rapide maintenant, à ce que je sais. Mais à l'époque, il lui a fallu plusieurs heures pour se remettre complètement de sa blessure.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- C'était en 1960, au mois d'août...

* * *

... Ta mère avait dix-neuf ans et demi, et moi, presque dix-huit. Elle avait déjà du succès, à l'époque, mais moins pour son talent que pour son étrangeté, hélas, et aussi un peu parce qu'elle était la fille du Sénateur Howard. Elle n'a jamais nié que ça avait facilité sa carrière, encore que je demeure certaine qu'elle n'aurait pas eu besoin de ce soutien.

Mais ce n'est pas le sujet.

C'était un peu plus de sept mois après la mort de Robert - tu sais, Robert White, l'ami de ton grand-père qu'elle avait épousé et qui a eu un accident de voiture - et elle commençait à remonter la pente. Elle s'était noyée dans le travail pour tromper son chagrin, tu la connais, et là, elle avait décidé de partir en tournée.

Notre prochaine étape était New York. Je dis "nous" parce que déjà à l'époque, je suivais sa carrière de près et je servais d'assistante à son manager - ça ne plaisait pas beaucoup à nos parents parce que ça me faisais négliger mes études, mais au bout du compte, je me suis obstinée, et tu connais la suite.

Bref, nous venions d'arriver à La Guardia, et nous apprêtions à entrer dans l'aérogare, où nous attendait une foule de fans, de journalistes et de curieux. C'était la première fois que nous mettions les pieds dans la Grosse Pomme, et bien que Sylvie ait endossé le masque impassible de Zeel White, je savais qu'elle était presque aussi excitée que moi. En plus des concerts, j'avais prévu de l'emmener faire un peu de tourisme, pour la divertir un peu, et nous étions impatientes de quitter l'aéroport. Comme tu t'en doutes, ça ne s'est pas passé comme prévu.

Aujourd'hui, être un mutant est relativement bien vu. Je sais, il y a des imbéciles, dans ton école, pour se moquer de tes poils, mais tu sais, des imbéciles comme ça, il y en a partout. Les gens ont peur de ce qu'ils ne connaissent pas. Mais si je croise quelqu'un et que je lui dis "moi, j'ai des amis mutants", leur réponse sera plutôt "waouh, c'est cool" qu'autre chose. Bon, je ne nie pas qu'ils seront un peu jaloux, mais tu vois ce que je veux dire.

A cette époque, par contre, c'était très différent. Sylvie était la seule mutante connue au monde. C'était une curiosité. Il y avait ceux qui croyaient que ce n'était qu'un effet de publicité, ceux qui pensaient qu'il s'agissait d'une extra-terrestre, ceux qui voyaient carrément en elle un démon de l'enfer ou une autre abomination... Sans oublier ceux qui n'appréciaient simplement pas sa musique. La foule qui nous attendait dans le terminal - il n'y en avait qu'un, à l'époque - n'était pas vraiment hostile, en fait, mais il y avait quand même une certaine agressivité dans l'air. C'était la plus grosse étape de la tournée, et il y avait plein de représentants de magazines à succès.

A peine arrivés, toute notre troupe a été mitraillée par les flashs et assaillis par les micros des journalistes. Il y avait un de ces vacarmes ! Le manager et moi avions nos consignes, et Zeel jouait son rôle à la perfection. Dès son entrée dans le bâtiment, elle s'est mise à flotter au-dessus du sol - pour des raisons de sécurité, il ne fallait pas qu'elle vole trop haut, et puis le plafond n'était pas assez élevé pour que ça fasse tout son effet. Tout le monde a commencé à faire des "oooh", tu imagines, et on s'est pris un nouvel assaut d'appareils photos. Elle portait une de ses tenues de scène, tu as déjà vu les photos, la combinaison-tunique argentée avec la cape blanche. C'était magnifique.

Et c'est pour ça que personne n'a rien vu quand le fou a jeté sa grenade.

Ca a été très rapide. Le truc est tombé à nos pieds, ta mère s'est retournée, elle m'a attrapée par le bras et a commencé à s'envoler pour de bon - elle a failli me déboîter l'épaule - puis, tout d'un coup, j'ai vu une silhouette bondir - mais vraiment bondir, comme un puma - et se jeter sur nous. La première chose à laquelle j'ai pensé, c'est "il a visé trop court, il va se ramasser". Et c'est ce qui s'est passé. Sauf qu'il l'avait fait exprès : c'était la grenade, qu'il ciblait, et une demi-seconde plus tard, ça a explosé.

Sylvie m'a reposée et s'est avancée prudemment vers le cadavre. Il était allongé de tout son long, face contre terre, bras étendus. Je me rappelle avoir pensé qu'il n'y avait pas beaucoup de sang ; son corps avait absorbé tout l'impact et la flaque rouge qui commençait à s'étendre était... eh bien moins impressionnante que ce à quoi je m'attendais. J'avais entendu ton grand-père raconter ses souvenirs de guerre - en cachette, il me trouvait trop jeune pour entendre ça - et j'imaginais bien pire. Ce n'est que plus tard, quand la police a enfin pu faire son travail, que j'ai réalisé à quel point on l'avait échappé belle.

Ton père, donc. Etendu comme ça, il avait l'air encore plus grand que nature. Il faisait la même taille que ta mère, à l'époque. Quand Sylvie s'est approchée, il a tourné la tête et lui a chuchoté quelque chose, avant de fermer les yeux et de ne plus bouger.

Autour de nous, c'était le chaos. Ca criait, ça s'agitait dans tous les sens... Moi-même, j'étais complètement sous le choc. Sylvie m'a appelée et j'ai obéi, comme une automate.

"Il a dit qu'il allait guérir" m'a-t-elle annoncé "mais qu'il ne fallait pas laisser les secours approcher".
"Il est... comme toi ?" ai-je demandé.
Elle a hoché la tête :
"Il a dit qu'il était un mutant."
"Mais pourtant, il a l'air... normal."

Elle a haussé les épaules, aussi perplexe que moi. Comme je t'ai dit, à l'époque, il n'y avait qu'elle. Je m'attendais donc à ce qu'il ressemble plus à ta mère. Tout ce qu'il avait pour lui, c'était sa taille, et peut-être la façon dont il avait sauté par-dessus la foule.

"Il devrait être mort. Moi, à sa place, je n'aurais pas survécu. On n'est peut-être pas faits pareils".

A ce moment, son manager s'est approché et a tenté de lui faire quitter les lieux. Elle a refusé et s'est mise à crépiter - tu l'as déjà vue, quand elle est très en colère. Il n'a pas insisté. Elle est restée quelques secondes à regarder le corps, puis elle a dégrafé sa cape et l'a étendue sur lui. Ensuite, elle s'est assise en tailleur et s'est mise à flotter au-dessus de lui.

Pendant ce temps, le service de sécurité faisait son travail et la situation se calmait petit à petit. La police de l'aéroport était intervenue et avait maîtrisé le lanceur de grenade - un fou qui prenait ta mère pour une extra-terrestre venue conquérir le monde, tu imagines ? - et les secours étaient en train de se frayer un chemin dans la foule pour s'occuper des victimes. Je dis "les" parce que même si, en-dehors de ton père, personne n'avait été touché par la grenade, plusieurs personnes avaient fait un malaise, et certaines avaient été blessées dans la cohue.

Quand ils sont arrivés devant Sylvie, ils lui ont évidemment demandé de se pousser pour qu'ils puissent intervenir. Elle a refusé, comme promis à ton père. Le ton est monté assez vite. Elle donnait l'impression de vouloir en griller un ou deux, mais elle s'est contentée de produire des arcs électriques un peu partout sur elle, ce qui les a dissuadés de venir trop près.

Pour ma part, je me creusais les méninges pour trouver un argument qui les convaincrait de rester à distance. Au bout d'un moment, j'ai eu une idée - pas exceptionnelle, mais qui a marché : je me suis avancée vers l'un des infirmiers et je lui ai glissé à l'oreille que si Zeel ne voulait pas qu'ils touchent la victime, c'était parce que celle-ci lui avait dit être contagieuse et que seuls les mutants étaient immunisés. Il était un peu sceptique, tu t'en doutes, mais j'ai expliqué que ma soeur ne voulait pas le dire à voix haute parce qu'elle craignait que tout le monde panique. Ca lui a paru assez crédible pour qu'il le répète à ses collègues. Il y a eu ensuite quelques délibérations, ce qui nous a fait gagner encore un peu de temps, et finalement, ils ont commencé à évacuer le terminal. Les gens ont protesté et ont demandé pourquoi mais, heureusement, rien n'a filtré et tout s'est passé plutôt bien. La plupart de la "suite" de Sylvie a dû partir avec les visiteurs, mais le manager et moi avons obtenu de pouvoir rester sur place - quoi qu'à distance - afin de "prendre soin de Zeel, qui avait été stressée par l'évènement". Enfin, à peu près une heure après l'attentat, le corps médical est revenu à la charge avec l'équipement approprié.

Ta mère a entendu assez des discussions des médecins pour comprendre ce qui se passait et jouer le jeu vis-à-vis de mon invention. Néanmoins, elle hésitait sur la conduite à tenir : d'un côté, elle avait promis de protéger ton père ; de l'autre, si mon bluff avait permis de gagner du temps, il ne tenait plus face au matériel des infirmiers.

Heureusement, ton père - le connaissant, je pense qu'il l'a fait exprès - a choisi ce moment pour reprendre conscience.

"Ecartez-vous tous" a-t-il dit, et tout le monde a obéi. "Miss White" a-t-il ajouté "pouvez-vous emprunter des bandages à ces messieurs et venir me les poser ?"

Sylvie a obéi, aussi curieuse que soulagée de voir qu'il ne lui avait pas menti. Ton père bougeait au ralenti, et ça se voyait qu'il avait mal. Il s'est assis péniblement en gardant tout le temps une main pressée sur le ventre. La grenade l'avait bien amoché.

Oui, "y'avait des morceaux partout". Tu rigoles, mais tu aurais moins fait la fière si tu avais été là, je te le promets ! Je crois que sa peau avait fini de cicatriser, mais ça ne devait pas être le cas à l'intérieur. Ta mère m'a dit, plus tard, qu'il était brûlant. Il devait avoir beaucoup de fièvre.

Toutes les personnes encore présentes, moi comprise, ont regardé la scène avec stupéfaction. J'en ai vu un ou deux se signer, d'ailleurs. Ta mère a donc entrepris de découper ce qui restait du t-shirt de ton père - il s'habillait encore à peu près normalement, à l'époque - et s'est mise au travail. Les médecins ont protesté qu'il faillait nettoyer, désinfecter, mais ton père a refusé. Ce n'est que quand Sylvie a eu terminé de le bander et l'a aidé à se mettre debout qu'il a accepté qu'elle l'accompagne aux toilettes pour se débarbouiller. Et encore, il d'abord demandé qu'elle nettoie par terre - en se servant de sa cape, qui était fichue, de toute façon.

Non, on ne parlait pas encore d'ADN, à l'époque, mais c'était un peu pour la même raison : il ne voulait pas qu'on récupère des échantillons de son sang pour l'analyser.

Un docteur a fait remarquer à ton père qu'il allait contaminer tout l'aérogare avec son virus, à se balader comme ça. Il a souri, m'a fait un clin d'oeil et a déclaré qu'il m'avait raconté des bobards pour qu'on le laisse guérir tranquille.

Bref, nous avons finalement quitté l'aéroport avec plus d'une heure de retard. Même si une partie de la foule était rentrée chez elle, il restait encore du monde pour nous accueillir à la sortie, surtout des journalistes. Les photos de l'époque ne rendent pas justice : c'était grandiose. Ton père était torse nu, à l'exception des bandages qui lui couvraient tout l'abdomen, et il avait passé un bras autour des épaules de ta mère, qui le soutenait en retour. Ils s'étaient un peu nettoyés, certes, mais leurs vêtements étaient pleins de taches de sang. Sylvie avait l'air d'une Valkyrie - tu sais ce que c'est ? - et les journalistes n'ont pas manqué de faire la comparaison, le lendemain.

En attendant, on s'est engouffrés tant bien que mal dans les véhicules qui nous attendaient - tes parents, le manager et moi, dans la limousine blanche qui nous avait été réservée. Ton père a demandé que nous l'emmenions à l'hôtel, et c'est donc là que nous sommes allés. Il y avait d'autres journalistes sur place, mais moins, et nous avons pu entrer sans trop d'encombre. Le manager a fait remarquer, l'air de rien, que ça ferait une belle image, si Zeel portait ton père jusqu'à sa suite par la voie des airs, mais ta mère l'a foudroyé du regard et ton père a rigolé avant de lui apprendre qu'il était plus lourd qu'il n'en avait l'air, et qu'il n'était donc pas sûr qu'elle en soit capable.

Quand nous sommes arrivés dans la suite de ta mère, ton père a annoncé qu'il avait encore besoin de repos et a demandé à s'allonger quelque part. Tout le monde a regardé le canapé du salon, mais c'était bien trop petit. Il n'y avait que le lit de Sylvie qui convenait. Il s'est donc installé là. Il a précisé qu'il en avait pour plusieurs heures, et qu'il aurait faim à son réveil. Puis il a fermé les yeux et il a fait le mort. On l'a laissé tranquille, on n'avait pas vraiment le choix.

C'est là qu'on a pris le temps de souffler, et de se rendre vraiment compte qu'on venait d'échapper à un attentat. Je me suis mise à pleurer. Ta mère en aurait bien fait autant, je crois, mais étant l'aînée, elle a jugé qu'elle devait garder la tête froide et elle a fait de son mieux pour me consoler. Ensuite, on a appelé nos parents pour leur dire qu'on allait bien. Pendant ce temps, le manager s'est occupé des journalistes, des musiciens et des autres employés. Il avait beau avoir ses défauts, il a géré ça comme un chef.

Il y a eu la question de la tournée, aussi : si on voulait annuler la date de demain, la reporter, quitter la ville, arrêter tout... Sylvie avait envie de continuer, ne serait-ce que pour prouver qu'elle ne se laissait pas intimider, mais elle avait peur pour moi et elle se sentait responsable de ce qui était arrivé à son sauveur. Malgré son aplomb et le fait qu'il avait survécu jusque-là, elle voulait s'assurer qu'il n'aurait pas de séquelles.

Enfin, vers dix-huit heures, la porte de la chambre s'est ouverte sur ton père. Tout le monde s'est retourné pour le regarder. Il avait enlevé ses bandages. Il avait l'air fatigué et amaigri mais, à part les cicatrices rosâtres sur son abdomen, il n'avait pas l'air de quelqu'un qui vient de survivre à une grenade à bout portant.

"Si ce n'est pas abuser de votre bonté, j'aimerais bien manger quelque chose", a-t-il demandé. Si si, il l'a bien formulé comme ça. Il faisait son cabotin, tu le connais. Le manager a donné des instructions pour le personnel de la tournée, puis il nous a laissés choisir en room service. Ton père a été raisonnable, pour une fois : il a commandé copieusement, mais à taille humaine, si tu vois ce que je veux dire. Il a dû se dire qu'il nous avait fait assez peur comme ça, avec ses bizarreries.

Bon, ensuite, il s'est rattrapé : non seulement il a fini les assiettes de tout le monde - à savoir Sylvie, le manager et moi, plus deux des musiciens qui nous avaient rejoints - mais il est allé jusqu'à manger les garnitures de tous les plats, le pain, tout. Tranquillement, en discutant avec chacun, comme s'il ne s'était rien passé de particulier. Et après ça, il a redemandé un service.

"Guérir me donne faim" a-t-il simplement expliqué.
"Vous avez été blessé à ce point ?" a demandé le bassiste. Il était loin derrière nous quand la grenade avait explosé, il n'avait rien vu.
"Une bonne partie de mes intestins a été réduite en charpie", a répondu ton père sans interrompre son repas. "Je vous ferais bien la liste des dégâts, mais nous sommes en train de manger".

Quand il a enfin décidé qu'il en avait eu assez, il s'est étiré de toute sa longueur, et on a pu constater que les marques qu'il avait sur le ventre s'étaient bien atténuées depuis tout à l'heure. Lui-même avait l'air bien plus en forme qu'au début du repas.

Après, il a demandé à Sylvie s'il pouvait lui parler en privé, et ils sont allés s'isoler dans la chambre. Ne glousse pas comme ça ! Ils ont juste discuté ensemble, pendant une bonne heure. Ta mère m'a raconté après : ils ont parlé de ce qu'ils étaient et ils ont fait connaissance. Ca a été un moment très important pour elle : c'était le premier mutant qu'elle rencontrait, c'était un soulagement énorme pour elle de savoir qu'elle n'était pas seule, et surtout, de savoir ce qu’elle était.

Pour finir, Sylvie l'a engagé comme garde du corps, et elle a maintenu les dates de concert. Ton père nous a suivis sur toute la tournée, puis pendant les cinq années qui ont suivi. Ensuite, il a rencontré la mère de Franklin, mais c'est une autre histoire, qu'il te racontera mieux que moi.

* * *

- Et voilà, c'est comme ça que tes parents se sont rencontrés.

Janille médita quelques instants sur mes paroles puis demanda :

- Pourquoi ils ne sont pas sortis ensemble plus tôt ?
- Ca, faudrait que tu le demandes à ton père. Il y avait le deuil de Robert, déjà, et puis je crois qu'il y avait un certain poids sur leurs épaules.
- Comment ça ?
- Eh bien c'étaient le seul homme et la seule femme mutants connus, à l'époque. Même s'ils s'entendaient bien, ils ne s'étaient pas choisis. C'était un peu comme si je te disais "tu épouseras Untel parce que c'est le seul garçon mutant de ton âge". Peut-être que plus tard, tu feras connaissance avec lui et que tu tomberas amoureuse de lui, mais si dès le départ tu as le sentiment que tu n'as pas de choix...
- Mais y'a les humains, quand même.
- Ils ne le savaient pas encore. Sylvie et Robert ne voulaient pas d'enfant tout de suite, et ton père n'avait pas de petite amie avant de rencontrer la mère de Franklin, autant que je sache.
- Oui, mais pourquoi...

Je l'interrompis d'un geste.

- Je n'ai pas la réponse, Nini. C'est vrai que ce serait plus facile si ta mère acceptait de t'en parler, mais ça la rend malheureuse, alors tu peux comprendre qu'elle évite le sujet. Quant à ton père... je suppose qu'il n'est pas très fier de lui là-dessus mais, si tu insistes, il finira par céder.
- La dernière fois, il a dit que j'étais trop jeune, répliqua-t-elle avec un air boudeur.
- C'était quand ?
- L'an dernier.
- Eh bien... en fait, je ne peux pas lui donner tort. Tu as beau être très intelligente pour ton âge, il y a des choses que tu ne peux pas comprendre sans avoir eu une certaine expérience de la vie.
- Parce que je suis trop jeune pour sortir avec un garçon ?
- C'est plus compliqué que ça, mais on va dire que oui. Si tu continues à harceler ton père, il cédera peut-être mais, à la réflexion, je doute que tu obtiennes une réponse avant tes quinze ans.

Elle soupira bruyamment, déçue de ma conclusion quoiqu'assez futée pour en reconnaître la justesse. Elle nous resservit du thé, reprit un biscuit le trempa dans sa tasse et l'avala en deux bouchées.

- Merci de m'avoir raconté tout ça, fit-elle après s'être essuyé les lèvres d'un coin de serviette.
- C'était la moindre des choses. Je n'ai pas beaucoup plus à dire sur ton père, je ne le fréquentais pas beaucoup - il m'intimidait énormément, à l'époque, et toujours un peu maintenant -, mais si tu veux que je te parle de ta mère ou de tes grands-parents, tu es la bienvenue.  Ce qui me fait penser que tes petits-cousins seront là le mois prochain, pour les vacances. Ca leur fera plaisir de te voir.
- Tant que Germaine ne s'amuse pas à me coller ses chewing-gums dans les poils...
- Kelvin lui en éclaté une bulle sur toute la figure, cet été, je pense qu'elle a compris la leçon.

La conversation se poursuivit sur des sujets plus légers, comme les activités qu'elle projetait de faire avec mes petits-enfants. Nous finîmes notre thé et nos petits gâteaux - elle en mangea la plupart : comme son père, elle avait toujours eu un gros appétit -, nettoyâmes les vestiges de notre goûter, puis je la dispensai de vaisselle et elle prit congé.

Tandis que je lavais et essuyais ma porcelaine, le sujet de notre discussion hantait mes pensées. Car je ne pouvais pas tout dire à Janille.

Pour ma nièce, ses parents, amis depuis toujours, étaient tombés dans les bras l'un de l'autre durant une nuit d'ivresse. Puis son père était parti sans explication le matin même, laissant derrière lui ma soeur endormie et enceinte de ses oeuvres.

Pendant près de deux ans, plus personne n'entendit parler de lui - encore que Sylvie soupçonnât que Franklin ait été au courant de son devenir. Puis il revint et elle le foudroya sur place. Littéralement : je n'étais pas présente, mais j'avais vu l'état du sol, vitrifié par les manifestations de sa rage.

Elle ne m'en avait pas raconté les détails et je n'avais jamais osé les lui demander. "Maman était très en colère contre Papa", avait commenté Janille un jour que nous nous promenions toutes deux sur la plage et que nos pas nous avaient guidés vers les vestiges de leur confrontation.

Depuis, la situation s'était apaisée, en quelque sorte : elle avait décidé qu'il était mort à ses yeux - assez ironique envers lui - et si par malheur ils devaient se retrouver dans la même pièce, elle ignorait superbement sa présence. Lui de son côté, semblait l'éviter autant que possible et ne se manifestait auprès de leur fille que lorsque Sylvie était hors de portée.

Mais je me rappellerai toujours ce soir d'août, lorsque je la vis sortir de cette chambre d'hôtel : le regard qu'elle posait sur cet homme étrange qui la précédait hors de la pièce. J'étais jeune, à l'époque, mais je savais reconnaître cet éclat dans ses yeux :

Pour elle, il n'y aurait jamais plus qu'un homme, et c'était celui-là.



lundi 15 juin 2015

Post-Partum

... Et donc, le week-end dernier*, j'ai envoyé mon manuscrit aux éditeurs rencontrés au speed-dating. Ils ont accusé réception*** et je suis partie pour au moins trois mois d'attente (probablement six, voire neuf). 

En attendant, j'ai rien foutu. 

En dehors du fait que j'ai un chat insomniaque****, mon apparente flemmardise est dûe à un dilemme cornélien, voire buridanesque : sur quel projet travailler ?



D'un côté, j'ai le fan-club de Joshua (et de Petit)*****, qui me réclame la suite de leurs aventures. 
De l'autre, j'ai quelques idées pour la suite de CQVDSV, que j'aimerais coucher sur le clavier et voir où ça me mène. 


D'un côté, je n'ai jamais considéré "Darkside" comme un projet solide et publiable - à part les nouvelles que j'ai écrites sur le sujet, qui n'ont, d'ailleurs, pas trouvé preneur dans les appels à texte auxquels je les ai présentées******. Je l'écris pour le fun, en somme. Pas sérieusement. Et du coup, j'aurais l'impression de "perdre mon temps" à avancer dessus. En plus, faudrait que je retravaille la forme de la partie post-apo (pour la mettre sous forme de journal intime/carnet de bord) et ça m'enthousiasme pas. Et ensuite, j'ai une scène "pas intéressante" à écrire avant d'arriver à ce que j'ai envie de rédiger, et ça me bloque un peu (notamment parce que j'ai horreur d'écrire mes scènes dans le désordre).


De l'autre, je n'ai encore que deux ou trois scènes de prévues pour "Ceux qui marchent sous la Lune" et j'ai peur que mes nouveaux protagonistes ne soient pas "à la hauteur" de Paul et Carmilla. J'ai une vague idée du "où je vais", mais aucune du "comment j'y vais", ce qui est problématique pour la conclusion prévue.

Dans les deux cas, je me pose des questions sur la caractérisation de mes narrateurs, j'ai peur de les trouver trop superficiels... ou trop semblables à d'autres de mes persos (autrement dit : de toujours décrire la même personne, sous des noms et des apparences différentes).

Donc voilà, je sais pas trop quoi faire...

PS : Au fait, Joshua a eu 74 ans samedi ^^



*: pas celui-ci, celui d'avant.**

**: non que ça fasse une grosse différence.

***: même si elle n'a rien fait.

****: problématique quand on a besoin d'au moins huit heures de sommeil par nuit.

*****: les gens ont de drôles de goûts ^^

******: ce qui me conforte dans mon opinion initiale.

vendredi 5 juin 2015

Imaginales 2015 : Speed-Dating des éditeurs

Si vous suivez tant soit peu ce qui se passe ici, ça fait des mois que je vous bassine avec le Speed-Dating des Imaginales. Voici donc enfin le plus ou moins compte-rendu de comment ça s'est passé pour moi. Je dis "plus ou moins" parce que bon, hein, j'étais plus préoccupée par le fait de ne pas faire mauvaise impression que par le besoin de prendre des notes. Donc, vous étonnez pas si c'est un peu vague.

Le SD, quoi qu'est-ce ? : 

Au sens large, c'est un entretien d'une dizaine de minutes où on doit "séduire" son interlocuteur. Ici, évidemment, il ne s'agit pas de chercher l'âme soeur (ou l'esprit frère), mais de convaincre un éditeur que le manuscrit qu'on lui présente est la huitième merveille du monde et qu'il doit absolument le publier. 

En pratique, le SD sert aussi à recevoir des conseils de la part desdits éditeurs, sur la meilleure façon d'améliorer son manuscrit afin de le rendre éditable (ou du moins, proposable).

Cette année, le SD a été exceptionnel à plus d'un titre : tellement de participants qu'ils ont dû refuser du monde (et on était 26 au lieu de la petite vingtaine habituelle !) et une dizaine d'éditeurs présents (au lieu de 3 ou 4 d'ordinaire*).

Avant :

Je ne vais pas m'attarder sur la période d'inscription : il fallait contacter la personne responsable via le site des Imaginales, recevoir un dossier par mail, le remplir, le renvoyer, et prier très fort pour être accepté. 

Comme tous les ans, le SD a lieu "en un lieu tenu secret". Je ne sais pas si c'est le même tous les ans, mais cette fois, c'était un charmant petit salon de thé au-dessus d'une boutique. Petit bémol, Silène** m'a fait miroiter des trucs à grignoter sur place (le SD commence à 18h et va dure deux bonnes heures), et je crève de faim, sauf que le salon n'a que du à boire à cette heure. Heureusement, Akalou, une des autres grenouilles speedeuses qui m'accompagnent me sauve à l'aide d'un demi-sandouiche*** pâté-cornichons, que j'accompagne d'un thé au jasmin.

Vu que nous sommes plutôt nombreux, on nous demande de nous inscrire sur des feuilles (une par éditeur), en choisissant ceux qui nous intéressent. Comme nous avons reçu auparavant la liste des éditeurs participants, j'ai eu le temps de faire mon choix. Dans l'ordre, ce sera Milady (même si CQVDSV n'est pas tout à fait de la bit-lit, je suis en plein dans leur ligne éditoriale), Scrineo (j'en ai entendu dire du bien, notamment via Estelle Faye), Bragelonne (parce que Bragelonne, quoi !) et enfin, après quelques hésitations, Actusf (parce que ladite liste laissait bien entendre qu'ils acceptaient l'Urban Fantasy/le Fantastique, mais bon, ils s'appellent Actusf, pas Actusfff, donc j'avais des doutes ^^).

Pendant (1) :

A ma grande surprise (le hasard a fait que je suis en 4e ou 5e position au moins sur toutes les listes que j'ai choisies), je suis convoquée assez vite, pour Actusf. J'abandonne donc mon demi-demi-sandouiche en priant pour ne pas avoir une haleine de chacal (de chacal-pâté-cornichons, en l'occurrence). Je prends mon manuscrit dans une main et mon courage dans l'autre, et je me prépare à monter le rejoindre à l'étage au-dessus.

Je constate avec soulagement**** que le croque-mitaine potentiel n'est autre qu'un des gentils messieurs que j'ai pu voir sur le stand Actusf du salon. Je commence par m'excuser en disant que ce que je lui présente n'est peut-être pas dans sa ligne éditoriale, mais il me rassure en disant que ça, c'est son problème et pas le mien. Je commence ensuite à pitcher*****. Il me pose quelques questions, principalement techniques (nombre de signes, public, si c'est une série ou un one-shot...). Je réponds de mon mieux - et je prends des notes pour tâcher de ne pas me disperser autant avec les suivants ^^. Il conclut en me disant d'envoyer mon manuscrit par mail, en suivant la procédure indiquée sur le site, et en précisant bien qu'on s'est vus au SD.

Je lui dis au revoir et redescends avec un grand sourire :D

Pendant (2) :

J'annonce ma survie à mes camarades et entreprends de faire un sort à mon sandouiche. J'ai à peine le temps de mâchouiller le chouingomme*** également fourni gentiment par Akalou, que je suis de nouveau appelée. Bragelonne, cette fois. Bon, je ne suis pas trop inquiète : j'ai déjà rencontré le monsieur et, même s'il peut se montrer intimidant, je n'ai pas peur !

Ca commence plutôt cool : il me complimente pour mon t-shirt "vintage" (effectivement, des comme ça, on n'en fait plus, surtout en glow-in-the-dark). Je lui explique que j'en ai deux autres de la même série, mais qu'ils rendent moins bien******).

Ze t-shirt en question.
Bon, ensuite, on passe aux choses sérieuses : pitch, quelques questions. Il n'a pas l'air très curieux, mais je pense que ça fait partie du personnage. A la fin, après avoir regardé mes premiers paragraphes, il lâche un "ouais, je lirais bien ça", que je prends comme un sésame. Il m'indique la procédure (sensiblement la même que pour Actusf, sauf qu'il y a un formulaire), je lui dis au-devoir, et je redescends avec un grand sourire :D

Pendant (3) :

Il s'écoule un petit moment avant que je ne passe à nouveau. Moment que j'occupe à discuter avec les grenouilles qui m'accompagnent (et à finir mon thé). J'ai l'impression que ça se déroule pas trop mal pour tout le monde, encore que peut-être pas avec autant d'enthousiasme que dans mon propre cas. Y'en a quand même une ou deux qui ont réussi à refiler leur manuscrit papier, c'est pas rien !

Mon troisième bourreau******* sera Scrineo. Il semblerait que mon quarté sorte dans le désordre... J'espère alors avoir quand même le temps de rencontrer la représentante de Milady, vu que c'est la rencontre que j'anticipais le plus...

Cette fois, je dois redescendre de mon nuage (ce qui n'est peut-être pas une mauvaise chose en soi). Mon interlocuteur pose beaucoup de questions, et "pas les bonnes", si je puis dire : je ne sais pas s'il fait ça pour me déstabiliser ou parce qu'il a mal cerné mon projet, mais il a l'air de croire que CQVDSV est un roman d'action avec un support psychologique alors que, quelque part, c'est plutôt l'inverse. Je me retrouve à devoir lui raconter plus ou moins toute l'histoire. Il me dit quand même de lui envoyer la bête, mais j'avoue que je le sens moyen (au passage, son homologue de Bragelonne étant juste à côté et ayant sûrement tout entendu, je me demande ce qu'il en a pensé...).

Je ne redescends pas avec un grand sourire, mais bon, les deux premiers s'étant plutôt bien passés, le troisième n'a pas suffi à doucher mon enthousiasme.

Pendant (4) :

Finalement, à ma grande joie, j'ai aussi le temps de voir Milady ! L'éditrice est en fait une auteure avec qui j'avais discuté plus tôt dans la journée (et auprès de laquelle ne n'ai pas été trop insupportable, apparemment :p), et du coup, ben ça se passe super bien : je pitche, elle pose quelques questions, manifeste son intérêt, et me donne même sa carte, afin que je lui envoie un mail quand j'aurai posté mon texte sur le formulaire (qui est le même que celui de Bragelonne).

Vous l'aurez deviné : je redescends avec un grand sourire :D

Après : 

C'est pas tout ça, mais il est 20h passées, et il commence à faire faim ! En attendant que les derniers terminent, je discute avec Menolly, de Griffe d'Encre, qui est venue manger là avec ses potes et sa petite famille (dont des joueurs de Guild Wars 2 ^^).

Accompagnée d'une partie des grenouilles speed-dateuses, je pars en expédition pour rejoindre d'autres grenouilles (non speed-dateuses) dans une crêperie du centre-ville, afin de raconter notre périple (et accessoirement, de manger !).

La soirée se résume en un mot :





*: ces "statistiques" viennent de ce que j'ai pu entendre à propos des précédents SD, je peux me tromper.

**: Silène Edgar, une de nos trois "coaches", avec Nadia Costes et Elise Dattin.

***: j'aime écrire ça comme ça ^^

****: faute d'un meilleur mot - on se rassure comme on peut.

*****: comprendre : présenter mon "oeuvre" en quelques phrases, et non balancer une balle de base-ball.

******: surtout que le Malkav', il représente un type dans une cellule capitonnée, ça peut surprendre, en public.

*******: j'aurais tendance à dire "ma troisième victime", sauf que c'est moi l'auditée, donc le rôle impose l'inversion des termes ^^

jeudi 4 juin 2015

Imaginales 2015 : "Mercenaires et tueurs professionnels : ..."

... les mauvais mecs de la fantasy"*

Voici donc une espèce de compte-rendu** de la seconde des deux conférences auxquelles j'ai assisté aux Imaginales, en ces derniers jours de mai. Comme pour la précédente, j'ai surtout noté les réponses des auteurs aux questions qui ont été posées par l'animateur de la conférence. Les trucs entre [] sont de moi. Si vous étiez là et vous constatez que j'ai fait des erreurs en prenant mes notes, n'hésitez pas à me le signaler dans les commentaires !

De gauche à droite : l'animateur, FC, BW, la traductrice de BW, JPJ, PB (image éhontément piquée sur le site d'actusf).
Etaient présents : Paul Beorn (grenouille et auteur de "Le septième guerrier mage"***), Fabien Cerutti (auteur de "Le bâtard de Kosigan"***), Jean-Philippe Jaworski (auteur de "Gagner la guerre"****) et Brent Weeks (auteur de la série "L'ange de la nuit", laquelle attend dans ma liseuse).

BW : [Il a] voulu aborder les problématiques suivantes : Est-ce qu'un tueur peut avoir une éthique ? Est-ce qu'un homme bon peut faire le mal ?***** Quelles sont les conséquences ? (à savoir : suivre ce chemin ou mourir).

FC : [Lui a] voulu poser la question de la responsabilité du capitaine mercenaire envers ses hommes et ses employeurs.

PB : Jal, lui, a été enrôlé de force et ne veut pas se battre, mais il y est contraint (pour garder sa liberté, entre autres).

JPJ : Au contraire, Benvenuto se préoccupe surtout de lui-même. Ce n'est pas un psychopathe. Il a l'amour du travail bien fait et de ses conséquences (argent, meilleur statut...) mais ne prend pas plaisir à tuer en soi. Il est plutôt sociopathique, intelligent [il a corrigé pour "rusé" après la conférence : Benvenuto est parfois très con] et il sait reconnaître qui est plus puissant que lui. Il a l'air monolithique, mais il porte tout de même une "cuirasse".

BW : Durzo Blint est un personnage complexe, qui lutte contre lui-même. Il se montre parfois contradictoire (en ne suivant pas toujours les règles qu'il professe).

FC : Kosigan est un élément clé de la situation politique [dans son univers]. Il doit réussir à exister être le meilleur dans un panier de crabes. C'est plus un manipulateur qu'un assassin, car tuer est dangereux et donne prise à la vengeance ; donc assassiner est un dernier recours (et ne pas tuer minimise les risques). Il aimerait se ranger, mais à force de jouer sur tous les tableaux, il s'est fait beaucoup d'ennemis.

PB : Dans ce métier, les problèmes de santé mentale sont fréquents. Jal entend la voix de son mentor/père adoptif abusif. Il veut arrêter de tuer, mais il est hanté par son passé. La voix lui donne de mauvais conseils afin qu'il reste un tueur.

Question : Existe-t-il une éthique de l'assassin ?******

JPJ : [Dans son univers] il existe des principes, dépendant de la nature de l'entreprise criminelle. "Un assassin est un homme d'affaires". Il faut donc avoir une bonne vitrine, bien bosser, limiter les risques afin d'être bien payé. Benvenuto est fasciné par son patron et trop proche de lui par rapport à sa guilde, ce qui est dangereux pour lui (problème potentiel de loyauté). [Je ne sais plus de quel personnage est la citation, c'est peut-être même de Machiavel] "l'amitié, c'est ce qui est mutuellement profitable", ce qui explique pourquoi il est plus proche de son patron que de sa guilde.

BW : Les gens sont fascinés par les assassins, car ils s'en sortent. [BW] veut montrer les conséquences psychologiques d'être un assassin mais aussi la séduction de cette profession, qui élimine littéralement les problèmes. Blint a une éthique très professionnelle, à la limite du TOC. Lui et ses collègues fréquentent des sales types, des sadiques... Ca nous fait nous sentir mal car même s'ils sont séduisants, ça reste des meurtriers [remarque qui pourrait, d'ailleurs, aussi s'appliquer aux vampires ^^].

FC : Kosigan n'a pas de règles à lui, il cherche à connaître les règles des autres pour mieux les vaincre (en contournant ces règles). "Les auteurs mettent une part d'eux-même dans leur perso"*******. Il y a aussi une question de société : "on ose aujourd'hui ce qu'on cachait hier", en particulier montrer des persos qui ne sont pas moraux. Ce qui peut être un problème vis-à-vis des jeunes, avec de tels modèles.

PB : Jal est égoïste et individualiste, il n'a pas d'éthique. Il se retrouve contraint [dans l'histoire] de s'attacher à des gens, ce qui va le faire évoluer dans ce sens [de devenir moins individualiste]. [Dans ce métier], pour ne pas devenir fou, il faut se raccrocher à quelque chose ou quelqu'un. Jal se raccroche ainsi à une enfant qu'il a sauvée, pour pouvoir se dire "je ne suis pas mauvais, puisque j'ai sauvé quelqu'un".

JPJ : Benvenuto se sert de la politique. Il vient plus ou moins d'une famille déchue et est fasciné par son patron et la richesse de celui-ci. C'est un barbouze. "Gagner la guerre" est une application des principes de Machiavel.

BW : "L'ange de la nuit" est aussi un roman d'apprentissage de la carrière de tueur. Le premier meurtre que commet Kylar (l'apprenti de Blint) est celui d'un "méchant", donc, qqpart "c'est ok". Le problème, c'est que le crime a un témoin, une femme innocente, et il est contraint de la tuer. [BW] pose donc la problématique de prendre les mauvaises décisions. [Il veut] aussi montrer que tuer peut être sale, et pas aussi rapide et propre que les "pros" dans les films. Qu'on peut aussi foirer son job et devoir "réparer" après (Kylar est un apprenti, un apprenti fait des erreurs, mais on apprend de ses erreurs).

FC : Contrairement aux autre personnages présentés ici, Kosigan n'est pas très solitaire, il a des gens à qui déléguer le boulot. Il garde le contrôle en cherchant ce qui motive ses hommes et veille à le leur donner, et même un peu plus. C'est ainsi qu'il se les attache, qu'il se garantit leur fidélité. C'est un vrai chef.

PB : Pour Jal, "tout part d'une femme", qui est froide est déterminée, mais c'est pour une bonne cause. C'est elle qui le contraint à assumer des responsabilités.

Ma conclusion : J'ai beaucoup aimé (bonne ambiance, tout ça) et j'y ai retrouvé les principes de Paul******** et de l'Agence ^^ Beaucoup aimé aussi le point de vue de JPJ, qui tranche avec ses trois collègues : Benvenuto s'assume totalement, lui ! C'est vrai que ce débat avait un côté "chacun présente son perso", mais vu que les quatre sont assez différents, ça a au moins eu le mérite de donner un point de vue varié.



*: ça faisait un peu long à mettre en entier, comme titre.

**: voir billet précédent.

***: que je compte ajouter à ma liseuse dès que j'en aurai les moyens, parce que la conf' m'aura donné envie de le lire.

****: que j'ai adoré, ainsi que les autres bouquins de lui que j'ai.

*****: ce qui m'a rappelé le film "Hitman" (avec Timothy Olyphant).

******: ouep, j'ai quand même réussi à noter une des questions ^^

*******: ça m'inquiète un peu si c'est vrai pour JPJ :p

********: le mien, pas Beorn !