Version mobile

Pour ceux qui n'aiment pas ma charte graphique, la version mobile leur plaira peut-être plus...

jeudi 29 janvier 2015

Les joies de la correction

  • Prendre en compte les remarques de mes gentilles bêta-lectrices quant au "la maison de ton perso manque de description".
  • Aller voir sur Google map/street view pour revoir les lieux sur lesquels je m'étais basée pour ladite description.
  • M'apercevoir que je me suis plantée de localisation...
  • Faire planter Firefox une bonne douzaine de fois en cherchant une autre adresse, parce que le PC que j'utilise à ce moment doit pas être assez puissant pour ça...
  • Me rendre compte que, de toute façon, toutes les baraques ressemblant tant soit peu à ce qu'il me faut ont DEUX étages et pas un seul...
  • Me creuser les méninges jusqu'à trouver quoi faire de la pièce/étage en plus.
  • Devoir réviser tout son manuscrit pour intégrer les changements...

 VDG*





* : Vie De Grenouille, la version Cocycliste de VDM** ^^

** : et si vous connaissez pas VDM, je peux rien pour vous...

lundi 26 janvier 2015

Les nouvelles de la semaine (dernière)

Vous l'aurez remarqué, ça a été silence radio cette semaine. La cause : j'étais pas dispo ou trop crevée pour faire quoi que ce soit. Bon, depuis le dernier update, j'ai quand même terminé le chapitre 25 (P1), c'est toujours ça.

A part ça :
  • Samedi, j'ai rencontré Pierre Bordage, grâce aux Grenouilles. Comme je sais que Cocyclics fera un article dessus* je rajouterai un lien ici dès que ce sera fait :D C'était très sympa, et on a bien mangé (comme d'habitude quand on va au Tea Corner).
  • Dimanche, on a buté Karzoug. Ca faisait quand même 53 séances et cinq ans qu'on était dans cette campagne Pathfinder (Rise of the Runelords), qui nous a menés du niveau 1 au niveau 16 (et encore, on est passés 16 juste pour le combat final). Faut être honnête, si on l'a plié, c'est surtout grâce au bourrin de service (guerrier-voleur hyper optimisé) et aux parchemins du sorcier (ah, la version "Open Source"** de la Disjonction de Mordenkainen...). Mon druide et son loup n'ont pas été très utiles sur ce coup-là, mais je me plains pas, j'ai eu mes heures de gloire à d'autres moments, notamment le combat précédent, où le loup a "tripé"*** une lamie plus grande que lui, ce qui nous a permis de la découper en tranches en deux rounds.
    Karzoug, c'est lui. Un grosbill et un mégalo de première, comme beaucoup de boss de fin de donjon.


  • Suite à la remarque de copines qui n'ont aucun goût qui ne savent pas régler leur écran qui n'aiment pas ma charte graphique, j'ai activé la version mobile du blog, qui me permet d'utiliser un autre set de couleurs (pas trouvé si c'était possible de simplement donner aux lecteurs un choix entre plusieurs "templates" de couleurs, comme ça se fait sur la plupart des forums). J'espère que ça leur plaira**** ^^

Voilà voilà, je devrais reprendre la routine dans les jours qui viennent...






* : merci à Ermina, entre autres, pour la prise de notes :)

** : parce que dans Donjons & Dragons, ça s'appelait initialement Disjonction de Mordenkainen, vu que c'était le Mordy en question qui l'avait inventé. Mais comme Pathfinder, c'est pas le même éditeur, ça ne s'appelle plus que "Disjonction", et franchement, ça sonne beaucoup moins bien.

*** : je crois qu'on parle de "faire trébucher" en VF, mais comme nous jouons avec les règles en VO...

**** : y'a intérêt, j'ai failli flinguer mon template principal en cherchant comment leur faire plaisir :(

dimanche 18 janvier 2015

La solitude du correcteur

Dans la vie, ça fait du bien de râler. Ne riez pas, ça a été prouvé scientifiquement*. Et ça me fait une excuse de plus pour le faire**.

Le sujet du jour : les corrections. Mes corrections, en l'occurrence. Ca avance toujours, j'en suis au ch24, P1, mais c'est long et chiant, faut pas se voiler la face. Comme je l'évoquais le mois dernier, le plus dur, c'est de se lancer. Parfois, on a des "bonnes" surprises en constatant que la réécriture améliore le texte. Parfois, on se prend la tête à trouver des synonymes pour éviter les répétitions et on se demande sans arrêt si on n'a pas perdu de la fluidité au passage.

En fait, la correction est un plaisir de masochiste.***

Le problème, c'est que c'est aussi un plaisir solitaire****. J'ai le plaisir de fréquenter la communauté Cocyclics, qui m'a été d'un grand soutien pour la rédaction de CQVDSV (entre autres projets). L'un des "services" qu'elle propose est le Challenge Premier Jet, qui, comme son nom l'indique, incite les auteurs à avancer sur leur projet en se faisant encourager à grands coups de nénuphou*****, pompoms, chocolat et coups de fouet****** par les autres membres. Je sais pas pour vous, mais moi, ça me motive. Même si vous avez un mauvais fond******* et vous vous dites parfois que vos fans ont mauvais goût puisqu'ils apprécient vos écrits, ça fait toujours plaisir de se sentir épaulé.

Le souci, c'est qu'une fois le Challenge bouclé, macache, vous êtes seul(e) pour vous démerder avec vos corrections.

Bon, j'exagère un poil : d'une part, il y a un fil dédié pour que tout le monde y parle de son avancement correctionnel ; d'autre part, suite aux demandes insistantes de plusieurs Challengers*******, cette année, un Challenge commencé ou repris en 2015 peut être "prolongé" en "Challenge corrections" jusqu'à la fin de l'année.

Mon souci, c'est que le mien, je l'ai terminé en 2014...
Et quant au fil des corrections, bah je le trouve un peu falot : c'est toujours ça, me direz-vous, mais comme tout le monde s'y mélange, on n'y trouve guère que des infos (et des encouragements) génériques.

Bien loin de l'engouement des fans hystériques (:p) qu'on peut avoir sur son fil de Challenge.********

Tout ça pour dire que ça me manque, alors faites un bon geste et laissez un commentaire...








* : j'aurais quand même dû bookmarker l'article, à l'époque.

** : comme si j'en avais besoin, mais bon.

*** : l'auto-correction, j'entends ; selon toute logique, j'imagine que la correction d'autrui doit être un plaisir sadique, encore que l'ampleur potentielle du travail puisse donner des envies de meurtre, selon la qualité du texte ^^

**** : encore que j'entende plutôt ça en ce qui concerne l'écriture tout court, sachant que l'expression exacte est le plus souvent "masturbation intellectuelle" ^^

***** : l'alcool local.

****** : tous virtuels, mais ça vaut peut-être mieux ^^

******* : comme moi, faut-il le préciser ?

******** : je suis fière de détenir le record du Challenge le plus floodé de 2014*********, avec 71 pages de commentaires !

********* : et peut-être d'ailleurs, sachant le ledit flood s'est étendu de janvier à mai (date de la clôture du projet) seulement.

vendredi 16 janvier 2015

CQVDSV : Avancement (4)

Comme je le disais il y a quelques jours, les corrections de Ceux qui vivent du sang versé avancent, bien que plus lentement que je ne le souhaiterais. J'ai plein de trucs à faire à côté et je me retrouve souvent trop KO pour progresser efficacement.

Enfin bon, je viens de boucler le chapitre 20*, ce qui fait presque un quart du bouquin, quand même.

Et pour fêter ça, un double extrait (P1, Ch16) :

— Lorsque je suis arrivé sur place, j’étais blessé. Il y avait une femme dans la cellule voisine. Elle m’a soigné. Nous avons trompé les gardes et nous sommes évadés. Une fois dans le bureau de la cible, nous l’avons attendue.
— Vous terminez toujours vos contrats, je sais, l’interrompt-elle.
Il acquiesce et poursuit :
— Un de ses hommes avait un mini-Uzi. Cette femme s’est… jetée devant moi pour intercepter les balles, et j’ai pu finir ce que j’avais à faire. Et ensuite, elle s’est relevée.
— Ce n’est pas possible !
— Vous ai-je déjà menti ?
— Non, bien sûr, mais…
—… Mais vous pensiez qu’aucun d’eux n’avait survécu ?
Du culot. Néanmoins, le sérieux avec lequel elle l’écoute lui confirme que c’est effectivement l’existence de la vampire qu’elle met en doute, plutôt que le concept de créatures surnaturelles arpentant ce bas monde. En tout cas, il a fait mouche. Elle ferme un instant les paupières et prend une profonde inspiration. Une fois sa maîtrise d’elle-même retrouvée, elle le regarde droit dans les yeux. Le sourire qu’elle lui rend contient une pointe de cruauté.
— Félicitations, Charon. Si ce que vous m’avez dit est exact, vous venez de contracter une Dette de Sang.
(...)
Une serveuse arrive sur ces entrefaites pour débarrasser la table et leur proposer des desserts, suggestion qu’il s’empresse de suivre. Cela fait trop longtemps qu’il n’a pas aussi bien mangé, et il a l’intention d’en profiter au mieux, surtout aux frais de l’Agence. Une faible compensation pour tout ce que lui doit Artémis.
— Que comptez-vous faire ? reprend-il après que la femme soit repartie avec leur commande.
— À propos d’Artémis, ou de votre… maîtresse ?
S’il a entendu l’hésitation d’Athéna, son choix de mot le choque néanmoins.
— Elle n’est pas ma maîtresse ! siffle-t-il en la foudroyant du regard.
Sa collègue a du mal à masquer son hilarité, ce qui l’irrite davantage.
— Pardonnez-moi, Charon. Je sais que vous n’éprouvez aucun attrait pour les choses de la chair. C’est simplement le terme consacré pour désigner ce genre de relation.
Il est sur le point de nier derechef, mais se retient. Même s’il a toujours fait confiance à Athéna – sur le plan professionnel, du moins – il peut être intéressant de lui laisser penser qu’il est à présent au service de la vampire. Il n’est pas sûr qu’elle croie à son démenti, de toute façon.





* : de la première partie, faut pas rêver.

mardi 13 janvier 2015

Une nouvelle du passé

Aujourd'hui, je suis passée, un peu par hasard, sur les forums de Turambar, un serveur privé du MMO Ultima Online, qui, comme son nom l'indique* a pour thème l'univers du Seigneur des Anneaux. Et dont j'étais une membre assidue il y a une dizaine d'années.

Bref, tant que j'y étais, j'en ai profité pour récupérer quelques textes, dont la nouvelle ci-dessous (issue d'un concours dudit site, dont le thème était "expliquez comment votre personnage aurait hérité d'un arc en mallorn" et la récompense, l'arc en question.**)

Au passage : j'avance toujours sur CQVDSV (lentement mas sûrement, et puis j'aurai du temps pour me rattraper ce we), et je reposterai sûrement d'autres vieilleries de ce genre*** au fur et à mesure que je les retrouve...

Donc, for your eyes only**** :

L'arc en mallorn

Toute la nuit, les cris, les grognements, les rires gras, avaient résonné dans sa tête, comme c'était presque toujours le cas depuis son retour du pays de Dun. Cette fois-ci, ce n'était pas une flèche qui transperçait son mollet mais les crocs d'un Orque, les babines dégoulinantes de sang. Puis la tête était devenue celle de Carmodàn et il s'était encore réveillé en sueur, étouffant d'instinct ses cris dans une poignée de draps. Comme toujours, il resta assis sur son lit, tendant l'oreille vers les bruits calmes de la forêt proche, cherchant à se rassurer : tout est tranquille, tout est normal, personne ne menace le hameau. Mais cette fois-ci, la rumeur venue des bois ne lui fut d'aucun secours. Il lui semblait percevoir les échos du métal frappant le métal. Et des cris, encore. Brethil se leva péniblement, clopina jusqu'à la fenêtre et regarda par un interstice entre les volets. La nuit était encore là, mais déjà les étoiles pâlissaient. Dans une demi-heure tout au plus, ce serait l'aube. Il fallait qu'il en ait le coeur net. 

Il s'habilla en silence - pas besoin de réveiller tout le village pour ce qui n'était probablement qu'une autre de ses divagations - empoigna sa canne, et sortit de la petite maison qui était son foyer depuis deux ans. Une fois dehors, il prit le chemin de l'étable et sella le cheval du charpentier, après avoir griffonné un mot d'explication. Son patron ne lui en tiendrait pas rigueur, et puis il reviendrait sûrement avant midi, sans doute avec quelques belles pièces de bois. 

Lorsqu'il quitta le hameau, cependant, il lui sembla que la nuit avait retrouvé son calme coutumier - si tant était qu'il eût été troublé. Les premiers gazouillis des oiseaux saluant l'aube l'escortèrent le long du sentier alors qu'il s'enfonçait dans les bois. Bercé par le pas tranquille du vieux hongre, il inspira à plein poumons l'air parfumé de la forêt et sentit la sérénité lui revenir. Mais Tout d'un coup, des effluves âcres et métalliques lui sautèrent à la gorge, une puanteur qu'il ne connaissait que trop bien. Sa monture broncha mais il ne vit rien. Néanmoins, au pépiement des passereaux se mêlait à présent le croassement des corbeaux. Il sentit comme une main glaciale lui étreindre le coeur : la mort était passée par là. Cependant, il poussa son cheval dans la direction du carnage, et lorsque l'odeur fut trop forte, il attacha solidement l'animal à un tronc avant de boitiller en direction des corps. 

La clairière était jonchée de cadavres, à la grande joie des oiseaux charognards. Une trentaine de Gobelins, une dizaine d'Hommes. Comme dans ses rêves - comme dans ses souvenirs - il semblait que les Orques avaient eu le dessus. Hébété, il fit quelques pas au milieu du champ de bataille, trébucha, et se retrouva à genoux dans la boue gorgée de sang, les bras serrés contre sa poitrine, secoué de sanglots. Lorsqu'il releva enfin la tête, son regard fut attiré par quelque chose qui luisait sous un rayon de soleil. Il se remit péniblement debout et fit quelques pas dans la direction de l'objet. Jamais il n'avait vu un arc aussi beau, et c'était d'autant plus horrible que le bois argenté et gravé de runes d'or était à présent maculé de sang noirâtre. Il tendit une main hésitante vers l'arme, fasciné, et réprima un hoquet de surprise lorsque le poing de son propriétaire se resserra pour contrer son effort. Un survivant ? 

Une survivante, en l'occurrence. Une Elfe aux cheveux d'or - à présent salis de boue rougeâtre - à la peau de neige et au regard d'émeraude. Son oeil gauche était injecté de sang au point de n'en plus voir le blanc et son armure de fines mailles d'airain avait été déchirée par l'épée de l'Orque qui lui avait transpercé l'abdomen. Le Gobelin n'avait pas pu profiter bien longtemps de sa victoire, au vu de la terrible blessure qui lui avait percé le flanc, dernière vengeance d'un allié de l'archère. Ils gisaient donc ainsi l'un sur l'autre, dans une étreinte grotesque et contre-nature, et elle attendait à présent la mort dans un brouillard de fièvre et de douleur. 

Lorsque Brethil, prenant appui sur sa bonne jambe, souleva le corps de l'Orque pour la dégager, elle gémit et bredouilla quelques mots qu'il ne reconnut pas. 

- Du calme, tout va bien, je vais vous aider, dit-il dans un sindarin hésitant. 

L'expression de l'elfe se fit dubitative, mais elle se tut et sembla le sonder du regard. Gêné, il baissa les yeux, et en profita pour regarder autour de lui. Rien d'autre de vivant ici, à part les corbeaux festoyant et son cheval à quelques pas de la clairière. Même si l'archère ne paraissait pas bien lourde, sa jambe mutilée l'empêcherait de la porter jusqu'à l'animal. Il faudrait donc le faire venir jusqu'ici... Il y avait bien la solution de rentrer au village au triple galop pour chercher du secours, mais pourrait-elle patienter jusque-là ? Sans compter que personne là-bas n'avait de vrais talents de guérisseur. Et lui avait toujours dans ses fontes un peu d'onguent et de quoi soigner les petites blessures qui peuvent affecter un bûcheron au travail. 

- Je reviens, lui dit-il avant de s'élancer de son pas le plus rapide vers sa monture. 

Le vieux hongre n'avait pas la moindre envie de traverser le champ de bataille, mais lorsque Brethil lui attacha son foulard sur les naseaux - masquant ainsi une partie de la puanteur du charnier - il accepta avec réticence de se laisser guider. Quelques minutes après, le jeune homme était de retour et, armé de sa trousse de soins rudimentaire, il entreprit de soigner la survivante. 

Ce fut tout sauf aisé. D'abord, il fallut retirer l'épée de l'Orque, et le cri qu'elle ne put retenir lui glaça le sang. Néanmoins, la lame ne s'était pas enfoncée sur toute sa longueur, comme il l'avait cru : le bel arc au bois d'argent, qu'elle avait dû ramener vers elle d'instinct, s'était pris dans une encoche de l'arme et l'avait empêchée de pénétrer complètement. Dès que la blessure fut rouverte, il pressa dessus ses bandages imbibés d'onguent en les maintenant avec des lambeaux de sa propre chemise. Il avait craint que l'Elfe ne s'évanouisse pendant l'opération - ou pire, lui murmurait son esprit - mais à son grand étonnement, elle tint bon, les mâchoires serrées, contenant un gémissement lorsqu'il fallut la relever afin de la hisser sur le cheval. 

- Tenez bon, ma dame, je vais vous amener au village
- Mon... arc..., murmura-t'elle comme si ces simples mots demandaient un effort insoutenable.
- Je le tiens, dit-il en ramassant l'arme - ou plutôt ce qu'il en restait, car le coup qu'elle avait paré lui avait valu une belle entaille, et le jeune homme doutait que ce fût réparable. 

L'Elfe ne répondit rien, mais Brethil crut voir ses traits magnifiques se détendre un peu. Il guida le hongre vers une vieille souche afin de pouvoir monter en croupe et maintenir sa passagère, et ils se mirent en route. Le voyage fut éprouvant, bien que calme et sans heurt. Plusieurs fois, il crut qu'elle avait cessé de vivre - elle s'était, de toute façon, évanouie au bout de quelques minutes - mais il avait senti les battements de son coeur lorsqu'il avait osé lui effleurer la gorge afin de s'en assurer. 
Lorsqu'ils arrivèrent enfin, ce fut évidemment la stupéfaction. On envoya aussitôt quérir la rebouteuse du village voisin - à une journée de cheval - tandis que les femmes s'affairaient pour trouver baumes, onguents et bandages et les hommes prenaient le chemin des bois pour donner une sépulture décente aux victimes des Orques. Brethil fit installer la blessée chez lui et la veilla nuit et jour jusqu'à l'arrivée de la guérisseuse, le lendemain soir. Si les soins prodigués avaient l'air assez efficaces pour maintenir l'elfe en vie, il apparut rapidement que cela ne suffirait pas à la guérir. Sa fièvre ne voulait pas tomber et les quelques phrases qu'elle pouvait prononcer dans ses périodes d'éveil - toujours dans sa langue natale, car elle n'avait sans doute pas la force de s'exprimer autrement - n'avaient aucun sens. Elle semblait toujours hantée par le combat qui l'avait vaincue, et ne paraissait retrouver la paix que lorsque sa main se posait sur son arme. 
A défaut de pouvoir faire autre chose qu'aider la guérisseuse à refaire les bandages et administrer divers remèdes à la blessée, Brethil avait fait de son mieux pour rendre sa splendeur à l'arc. La moindre souillure avait été méticuleusement lavée, la corde nettoyée et retendue, les runes et les ornements astiqués jusqu'à ce qu'ils brillent. Seule restait cette terrible entaille, à un pouce de la poignée, qui avait sans doute évité à sa propriétaire de mourir sur le coup. Qui était sans doute la cause de sa longue agonie, ici dans ce hameau reculé, loin des siens, entourée d'étrangers. 
Mais le soir du septième jour, alors que le jeune homme s'apprêtait à prendre la relève au chevet de la malade, on frappa à la porte. Trois hautes silhouettes se découpaient sur le fond noir de la nuit. Trois elfes aux cheveux d'or et à l'air sévère.

- Où est-elle ? demanda le premier dans la langue commune. 

Brethil les amena jusqu'au lit où reposait la blessée. L'elfe fit signe à ses deux camarades, qui soulevèrent l'archère avec un soin infini et l'emmenèrent à l'extérieur. Puis il prit possession de ses affaires, rassemblées avec soin par le jeune Dúnadan, et sortit à la suite de ses compagnons. Là les attendaient trois montures magnifiques qu'ils enfourchèrent avec grâce après que l'un d'eux eût installé devant lui leur compagne blessée.

- S'il vous plaît, demanda enfin Brethil alors que les cavaliers s'apprêtaient à disparaître. Quel est son nom ?
- Elle se nomme Rhîwenloth, répondit le premier elfe. 

Et ils s'enfoncèrent dans l'obscurité. 

* * * 

Deux mois avaient passé, et il n'avait pu que confier au vent son espoir que les Valar assurent le rétablissement de la rescapée. Son regard se faisait toujours mélancolique lorsqu'il approchait de la clairière où il l'avait trouvée - où ne subsistait plus guère de trace de l'horrible combat. La femme du charpentier le disait amoureux, mais un homme peut-il être amoureux d'une fleur ou d'une étoile ? Ce soir-là, lorsqu'il rentra chez lui après une dure journée d'élagages, il eut la surprise de trouver un visiteur devant sa porte. C'était l'elfe qui avait mené ceux qui étaient venus chercher la Fleur d'Hiver*****. Ils se regardèrent, puis le jeune homme osa enfin parler.

- Comment va-t'elle ? murmura-t'il.
- Elle a guéri, répondit l'autre. Mais elle gardera toute sa vie les marques de ses blessures. Bientôt, elle et moi partirons pour l'Ouest - car elle est mon épouse et jamais je ne la quitterai - mais avant cela, elle souhaitait que je vous remette ceci. 

Il ôta de son paquetage une grande forme enveloppée de fine toile grise et la lui tendit. Lorsque Brethil la déballa, il découvrit cet arc qu'il ne connaissait que trop bien, au bois d'argent gravé de runes. Mais là où l'épée de l'Orque avait endommagé l'arme se trouvait à présent une bague d'or sertie, gravée d'un bouleau******, et il ne douta pas que la réparation fut aussi solide que si l'objet sortait tout juste de l'atelier. 

- Merci, bredouilla-t'il, émerveillé.
- Je le lui avais offert lors de nos fiançailles. Le bois des mellyrn de la Lórien est solide, mais sans votre aide, il n'aurait suffit à la sauver. Qu'il vous défende comme il l'a défendue. L'elfe le salua et disparut dans les ombres nocturnes. Jamais plus il ne le revit.






* : à condition d'avoir un peu de culture tolkienienne ^^

** : un objet rare et puissant, faut-il le préciser. Et non, j'ai pas gagné.

*** : à part la mise en page, le texte en question est en état d'époque, donc certainement plein de défauts stylistiques et typographiques.

**** : enfin, ça a aussi été pour les yeux de tous ceux qui l'ont lu sur Turambar depuis dix ans ^^

***** : ce qui est la traduction de Rhîwenloth, vous l'aurez compris ;)

****** : "brethil" signifie "bouleau" en sindarin.




samedi 10 janvier 2015

CQVDSV : Avancement (3)

Bon ben voilà, ça avance. Antidote n'est pas tendre avec moi, mais en même temps, c'est pas ce que je lui demande.

Les trois derniers chapitres (P1, Ch 10-11-12) font partie des plus longs et ont fait l'objet d'un certain nombre de remarques, auxquelles il a bien fallu que je donne suite. Bref, ça me donne l'impression d'avancer lentement, alors que j'en suis quand même à 53 pages corrigées (sur 389).*

Un gros extrait pour (et sur, techniquement ^^) la route (P1, Ch10) :
 — Selon mon expérience personnelle, poursuit-elle, les Maisons, les Meutes, etc. ne sont pas plus maléfiques que le politicien moyen – quoique la plupart des vampires soient des salopards avides de pouvoir – mais allez faire comprendre ça à des fanatiques… Le plus beau, dans l’histoire, c’est que leur rituel a foiré : ça les a éliminés aussi. Je crois que ça a éliminé toute la magie de la planète, en fait. Et puis brusquement, à Noël 2010, ça s’est arrêté.

— Et il ne restait plus que vous.

— A priori. Je n’ai pas arrêté de chercher d’autres survivants, depuis le temps, mais je n’en ai pas encore trouvé. Tous les Renfields que je connaissais sont morts pendant les affrontements ou ont été rattrapés par l’âge à la mort de leur maître.

— C’est une histoire intéressante, commente-t-il en laissant percer son scepticisme, mais si tout ceci est censé être secret, pourquoi me le raconter ?

Elle hausse les épaules.

— Parce que vous êtes gens, et parce que ça n’a plus beaucoup d’importance. Il ne reste plus que moi et quelques créatures élémentaires.

— Et comment expliquez-vous avoir été épargnée ?

— Sang clair. En gros, le sang d’un vampire s’épuise d’une génération à l’autre. Le fils – façon de parler – d’un vampire aura un sang aussi fort que ses frères et sœurs, mais moins que celui de son père, et plus que celui de ses enfants ou neveux. J’ai la malchance – ou la chance, vu les circonstances – de venir d’une lignée où on se reproduisait vite et souvent, et c’est en quelque sorte un miracle que mon père ait été assez puissant pour me transformer. Bref, je suppose que si ce foutu rituel avait duré plus longtemps, il m’aurait rattrapée ; en attendant, je n’étais pas assez vampire pour qu’il m’affecte.

C’est une explication plausible – au milieu d’un récit invraisemblable. Mais il la revoit tomber – son sang épais et noir, ses larmes rouges – et se relever – sa peau blanche et intacte.

Ce n’est pas normal. Et pourtant, elle est là.





* : ok, c'est pas énorme, mais ça fait quand même 13,5%